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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 08:33
- Publié dans : Littérature américaine - Par Julien

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  Chevalier Tracy - La jeune fille à la perle

Editeur : Gallimard

Publication : Février 2002

Pages : 313

 

Ce livre n'est pas sur Johannes Vermeer

L'artiste ne représente qu'un des éléments du puzzle de ce gentil roman. Tracy Chevalier nous plonge dans le Delft du XVIIème siècle avec une facilité déconcertante. Nous suivons le destin de Griet, une jeune fille protestante placée comme servante dans la famille du peintre catholique. S'en suivent des situations plus ou moins cocasses, entre différences de religion, relations conflictuelles avec les enfants, rivalité avec la servante "historique" de la maison. L'histoire de Griet est attachant, le style de Chevalier est très accessible : le livre se lit simplement et rapidement.

J'ai aimé lire le passage sur les carreaux réalisés par le père : lors de la lecture, j'étais dans la gare de Guimarães à contempler quelques azulejos finement travaillés. Quand la lecture rejoint le monde sensible :)

Pour moi, La jeune fille à la perle manque un peu de profondeur, mais ce n'est pas l'objet de ce roman. J'avais trouvé le film magnifique. Comme cela arrive parfois, le livre me paraît légèrement en-deça : je garderai certainement en souvenir les images animées de Webster plutôt que la plume sympathique de Chevalier.

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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 22:01
- Publié dans : Essais - Par Julien

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  Moore George Edward - Principia Ethica

Editeur : PUF

Publication : Novembre 1998

Pages : 370

 

La définition de l'éthique

Dans un style propre aux philosophes analytiques britanniques, G. E. Moore détaille dans la première partie de Principia Ethica, ce qu'est l'Ethique, en expliquant la définition de ce qui est "bien". Il cherche à se démarquer des philosophies "historiques" (Platon ou Kant en particulier) en exprimant les limites des définitions de ses prédécesseurs.


Avant d'aller plus loin, vous vous demandez certainement comment on peut vouloir lire un livre dont le titre à lui seul laisse présager le pédantisme et l'inaccessibilité légendaire de certains ouvrages de philosophie. Esprits rationnels : ne passez pas votre chemin ! En dépit des apparences, Principia Ethica est un clin d'oeil au Principia Mathematica de ses collègues Bertrand Russell et Alfred Whitehead (ouvrage excellent par ailleurs et détaillant la logique mathématique avec une clarté implacable). Principia Ethica est rédigé par un philosophie dont la clarté et la concision sont un exemple admirable pour le lecteur à la recherche de quelques éclaircissements sur un sujet qui le touche particulièrement : savoir ce qu'est le Bien, ce qu'est la morale, ce qu'est l'éthique - cette science qui s'occupe de la morale.

Soyons honnêtes : G. E. Moore n'est pas un philosophe majeur. Il n'en reste pas moins que sa définition du Bien, ou plutôt, l'indéfinition du Bien, est montré avec un évidence implacable : essayer de donner une définition à la couleur jaune. Il n'y a qu'à voir la définition de certains dictionnaires pour la couleur jaune : «
Qui constitue la couleur la plus chaude et la plus lumineuse et rappelle notamment la couleur du citron, de l'or, des blés mûrs. » On ne peut pas vraiment appeler cela une définition claire et limpide.

Moore joue sur la comparaison entre la définition de la couleur jaune et la définition de ce qui est bien, afin de montrer que le Bien est notion indéfinissable. Mais, ce n'est pas une raison pour ne pas parvenir à définir l'Ethique.
Finalement, un livre riche d'enseignements sur la définition philosophique de l'Ethique, mais une lecture difficile, où concentration et tenacité sont exigées ;)

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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 06:00
- Publié dans : Essais - Par Julien

Rita-Emmett---Ces-gens-qui-remettent-tout-au-lendemain.jpg

 

Connaissez-vous la procrastination ? Il s'agit bien de la tendance à remettre tout au lendemain. Ce mot est en passe de rentrer dans le langage courant, sous l'impulsion du monde anglo-saxon qui l'utilise à toutes les sauces, même dans les chansons des plus grands artistes...

 
L'auteur consacre ici son énergie à nous démontrer qu'il ne faut pas remettre au lendemain et nous donne des exemples, des contre-exemples, quelques méthodes. Très franchement, ce livre ne m'a pas marqué, je n'ai pas vraiment perçu sa plus-value dans mon quotidien. Peut-être suis-je passé à côté de quelque chose, mais ne pensant pas échapper à la procrastination, je n'ai pas été touché par l'auteur à ce sujet.


Pourtant le sujet mérite qu'on s'y attarde. Je pense qu'il est plus facile de trouver une réponse dans la littérature antique... Peut-être du côté de Sénèque ?


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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 06:00
- Publié dans : Essais - Par Julien

Robert-Maurer---Un-petit-pas-peut-changer-votre-vie.jpg

 

J'avais entendu parlé de la méthode Kaizen dans les usines Toyota au Japon, et c'est la raison pour laquelle j'avais fait l'acquisition de ce petit livre. Il se trouve que l'ouvrage ne traite pas vraiment la fameuse méthode Kaizen, qui est pourtant citée en sous-titre en première page. Par ailleurs, il ne s'agit pas là d'un ouvrage pouvant être utilisé dans le monde de l'entreprise, directement du moins. L'objectif est le développement personnel.


La méthode présentée est celle des petits pas :     bien souvent, lorsque nous voulons changer quelque chose dans notre vie (il suffit de penser aux résolutions du nouvel an : "je lirai 100 pages tous les soirs", "je n'achèterai aucun livre ce mois-ci", "je ne participe plus à aucun swap cette année", "promis, je tiens à jour mon blog"), nous envisageons systématiquement des solutions radicales. Comme s'entraîner pour un marathon alors que nous n'avons pas couru depuis le collège...


L'auteur nous invite donc, toujours par le biais de situations choisies et variées, à ne pas envisager de solutions trop perturbantes, mais plutôt à se lancer dans de très petits changements dans notre quotidien. Un exemple qui devrait vous rappeler des souvenirs : au lieu de lire 100 pages par soir (alors que le dur labeur de la journée se fait sentir sur nos paupières), pourquoi ne pas commencer par 5 pages par soir ? Puis, le mois suivant, lire 10 pages par soir. L'objectif caché ? Prendre de bonnes habitudes sans être écoeuré par la difficulté du défi. Et pour ceux (comme moi ?), qui ne s'en tiennent pas à leurs 5 pages par soir, l'auteur préconisera d'ouvrir le livre tous les soirs, sans rien lire. Cela peut paraître étrange, mais en réduisant nos anciennes habitudes et en en acquérant de nouvelles, certaines choses peuvent changer dans notre vie.


C'est un peu la méthode pour ceux qui n'y arrivent pas avec les solutions un peu radicales. Personnellement, je n'ai pas vraiment accroché à ce livre (probablement parce que je ne m'attendais pas du tout à cela), mais je l'ai prêté et il a eu beaucoup de succès.


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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 06:00
- Publié dans : Essais - Par Julien

Isabelle-Nazare-Aga---Approcher-les-autres.jpg

 

Pour faire le pendant de mon billet précédent, j'avais besoin de connaître la genèse de l'amitié : la rencontre. Avant de pouvoir se faire des amis, il faut pouvoir approcher l'Autre, savoir s'intégrer à un groupe, entamer des conservations sur la pluie et le beau temps avec d'illustres inconnus, jusqu'à petit à petit en faire des relations et peut-être des amis.


Le lecteur est une espèce timide et renfermée, c'est bien connu. Mais le lecteur arrive parfois à se délecter de situations décrivant son approche du monde social lors d'un buffet : se placer le plus loin possible de la foule, en général amassée près des petits fours, et se retrouver avec ses pairs, d'autres agoraphobes effrayés, les yeux rivés sur une montre ou vers la fenêtre, se demandant se qu'ils font là, et quand ils pourront s'éclipser sans que cela ne se remarque trop, afin de se réfugier chez son libraire fétiche (oui, fétiche !) ou dans son antre, calme et bien rangé (enfin presque...), où il pourra se plonger dans son histoire d'amour et de meurtres qui le changeront bien de tout ce brouhaha superficiel, toute cette bombance écoeurante.


Voilà à qui s'adresse cet ouvrage. Et les nombreux exemples, bien ancrés dans notre époque, dans notre société (ce n'est pas un ouvrage anglo-saxon), réveillent bien souvent de récents souvenirs de situations dans lesquelles nous nous sommes trouvés et n'avons pas su, la plupart du temps, nous ouvrir à l'autre.


N'imaginez pas cependant que votre vie va changer radicalement à la lecture de ce type de livre (ou n'en ayant pas crainte, tout du moins). Les conseils donnés sont souvent comme le "ne touche pas cela, tu vas te brûler", qu'on entend (ou prononce) parfois. Il suffit d'une bonne brûlure pour prendre conscience de ce que nous devons changer dans nos comportements pour améliorer nos vies.


Par ailleurs, j'y vois également un détournement utile : une bonne manière pour découvrir de nouveaux bloggueurs et entretenir de saines relations avec nos ami-e-s "virtuel-le-s" ;)


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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 21:07
- Publié dans : Essais - Par Julien

Tandis que la littérature de fiction a pratiquement disparu de mes lectures en 2010, je n'ai pas cessé de lire. Les livres apportent une richesse incomparable et il est parfois bon de laisser s'évanouir le rêve, l'imagination, l'irréel et la création des auteurs, pour s'aventurer sur le terrain du concret, du réel, du vécu. Je n'évoque pas là les autobiographies, histoire de France ou de Navarre, mais je pense plutôt à ces livres classés habituellement dans les rayons nommés "Développement personnel" ou parfois "Sciences humaines" dans une acception plus large.


La curiosité, et certainement l'envie d'en savoir plus sur certains sujets, m'ont amené à enrichir ma PAL de plusieurs livres dont les noms auront eu de quoi m'effrayer quelques mois auparavant (mais pourquoi donc irai-je donc lire ceci ?). Sur les conseils d'un ami, et un peu sur le ton de la plaisanterie - quoique la discussion fut à l'origine très sérieuse, au terme d'un bilan sur les liens d'amitié, ceux qui disparaissent, ceux qui perdurent, et les raisons de ces cheminements d'une existence sociale -, j'ai appris l'existence de l'ouvrage de Dale Carnegie « Comment se faire des amis »

 

Carnegie-Dale---Comment-se-faire-des-amis.jpg

 
Bigre, existe-t-il une méthode pour se faire des amis, des relations et les conserver ? C'est un peu l'objet de cet ouvrage, écrit au tout début du XXème siècle par l'auteur sus-nommé et partiellement remis à jour par le cabinet de consultants qu'il a créé et qui semble toujours exister. Je n'ai d'ailleurs pas vraiment fait de recherche à ce sujet, car une fois n'est pas coutume, l'auteur de l'ouvrage m'importe peu.


Que contient cet ouvrage ? Des exemples, de nombreux cas, souvent simples, souvent évidents (c'est le cas de ce type de littérature), bien concrets, qui illustrent les propos tout aussi évidents de l'auteur. En résumant grossièrement, pour se faire des amis, il faut être ouvert, savoir écouter, s'intéresser sincèrement à l'autre ; pour les conserver, il faut les contacter aussi souvent que possible, et être honnêtes avec eux. Voilà qui est très très réducteur, même si cela peut être la réaction du lecteur à la première lecture. En effet, ce livre se lit une première fois d'une seule traite, mais tout son intérêt réside dans la reprise de lecture. En prenant en chapitre, en relisant simplement les exemples, les contre-exemples, le lecteur s'aperçoit que tout ce qui lui paraît évident, il ne le met pas en pratique dans son quotidien. Et c'est là tout l'intérêt de l'ouvrage. Il permet de donner un sens de l'alerte à son lecteur, dans une situation réelle : « ah, j'aurais dû le rappeler », « mince, il aurait fallu que je participe à cette conversation », « pourquoi ai-je menti ? j'aurai dû simplement lui dire que je n'avais pas envie aujourd'hui, après tout, c'est mon amie, elle comprendra. » Autant de situations qui donne une sorte de sens à ce livre.


Je pense toutefois que les romans de ficton peuvent tout à fait remplir ce type de fonction (je pense à « Siddharta » par exemple), mais un livre comme celui de Carnegie possède la structure qui permet de s'y plonger rapidement entre deux autres lectures ou deux autres activités du quotidien.
Pour le reste, il faut oublier le style de la traduction (parfois inquiétant...), certains exemples archaïques. Le fond y est. Cela ne conviendra très certainement pas à tout le monde et aussi, je ne vous le conseille pas plus que cela. Mais c'est un ouvrage qui satisfera les curieux.


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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 08:34
- Publié dans : Vie du Blog Lectures - Par Julien
Les jours passent, les lectures se raréfient, overblog fait son beurre de l'inactivité du site... Il y aura très certainement un jour où je reprendrais mon activité littéraire. Pour le moment, tout est en sommeil. J'ai mis un exemplaire de "En vol" de côté sur les conseils de Keisha. J'ai soldé l'essentiel de ma PAL ; je ne pense pas lire d'ici la fin de l'année. 2010, année blanche.

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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 02:44
- Publié dans : Poésie - Par Julien
Pourquoi j’aime la poésie ?
La poésie n’est pas seulement belle pour sa musicalité. Au fil des siècles, les poètes se sont émancipés des règles qui définissaient les poèmes. Bien plus qu’un art du langage qui s’attache à la forme, la poésie apporte une vision du monde qui perturbe notre approche cartésienne. Les poètes sont de véritables guides, comme l’avait si bien indiqué Saint-John Perse dans son allocution au banquet Nobel : « plus qu’un mode de connaissance, la poésie est d’abord mode de vie – et de vie intégrale. » Le poète est un guide pour l’humanité, celui qui explore, à sa manière, le monde séculier pour en révéler la splendeur intemporelle. « L’obscurité qu’on lui reproche ne tient pas à sa nature propre, qui est d’éclairer, mais à la nuit même qu’elle explore, et qu’elle se doit d’explorer : celle de l’âme elle-même et du mystère où baigne l’être humain. » Dans le mouvement incessant de la civilisation, le poète perçoit les grands changements, supprime les impasses. « Les civilisations mûrissantes ne meurent point des affres d’un automne, elle ne font que muer. L’inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l’accoutumance. » Et le poète présente à l’homme « un miroir plus sensible» du monde, en constante métamorphose. « La tragédie n’est pas dans la métamorphose elle-même. Le vrai drame du siècle est dans l’écart qu’on laisse croître entre l’homme temporel et l’homme intemporel. L’homme éclairé sur un versant va-t-il s’obscurcir sur l’autre ? » La quête du poète est spirituelle et son rôle est bien de montrer au collectif plongé dans le monde concret – le monde rationnel -, de lui montrer l’harmonie du « monde entier des choses ».
Les poèmes sont généralement courts, mais ce n’est pas une règle – il n’y a plus de règle apparente – et donc s’insèrent facilement dans notre quotidien. Mais leur lecture est parfois longue, parce qu’il faut saisir chacun des mots, chacune des associations, chaque tournure, chaque subtil rappel, pour comprendre la vision du poète. Le poète et nous observons le même monde, mais jamais de la même manière. La surprise nous saisit toujours par cette nouvelle vision que nous apporte le poète. Il nous ramène toujours à la simplicité de la nature. Il rompt certainement l’accoutumance avec laquelle nous appréhendons notre univers.

Un bel exemple
Il ne faut pas croire que les textes sont sibyllins, complexes, inaccessibles. Certaines poésies sont à la portée de chacun. Encore faut-il y percevoir l’éclairage souhaité par le poète, suivre la lumière dans l’obscurité du monde, dans la nuit qui nous entoure. Il faut y voir le devant et le derrière, la surface et la profondeur ; il s’agit souvent de deux lectures, l’une qui met en scène la forme, la musicalité, la face visible des choses, une sorte de lecture au premier degré ; l’autre qui joue avec le fond, la sémantique, le sens caché des choses, la lecture au second degré. Mais l’une ou l’autre de ces lectures peut nous contenter, selon nos propres attentes.
Pour illustrer ces propos, voici un poème de Blaise Cendrars : La nuit monte. Il permet d’illustrer ce que nous pouvons simplement observer dans la nature. Pas seulement :

«    J’ai bien observé comment cela se passait
     Quand le soleil est couché
     C’est la mer qui s’assombrit
     Le ciel conserve encore longtemps une grande clarté
     La nuit monte de l’eau et encercle lentement tout l’horizon
     Puis le ciel s’assombrit à son tour avec lenteur
     Il y a un moment où il fait tout noir
     Puis le noir de l’eau et le noir du ciel reculent
     Il s’établit une transparence éburnéenne avec des reflets dans l’eau et des poches obscures au ciel
     Puis le Sac à Charbon sous la Croix du Sud
    
Puis la Voie Lactée »
Ce poème est né d’un simple constat, d’un soleil couchant sur la mer. Ici, la musicalité n’a rien d’évidente, les règles traditionnelles du poème semble éradiquées. Il s’agit d’une simple description d’un coucher de soleil. Avions-nous seulement déjà perçu les choses de cette manière ? En cherchant quelque peu, percevons-nous enfin le sens caché de ce poème ?

Le poète exprime bien souvent, par quelques mots judicieusement choisis (la poésie peut-elle être spontanée ?), un phénomène du monde réel que nous ne percevons pas ou plus, et sublime l’ensemble en rendant sa vision intemporelle, universelle.

Voilà pourquoi j’aime la poésie
Parce qu’en lisant un poème comme celui de Cendrars, je me demande pourquoi je n’avais jamais encore perçu un coucher de soleil sur la mer de cette manière. La prochaine fois, assurément, je serai plus vigilant.


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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 00:29
- Publié dans : Vie du Blog Lectures - Par Julien

La mer, la chaleur et les lectures américaines...

Mes dernières lectures me portaient vers l'Europe qui pense son identité (Hesse et Andric). Mes lectures en cours me font voyager vers l'Amérique qui panse son identité. C'est l'été, il fait bien trop chaud pour bouger, et c'est au bord d'une mer presque fermée que je me suis hasardé à lire ce roman dont je ne connaissais rien : Manhattan nocturne de Colin Harrison. M'extirpant de mes lectures nobélisantes, je plonge dans l'univers du policier avec ce roman américain qui me surprend pas la qualité d'ensemble de l'histoire, avec des personnages finement manipulés par ce romancier dont je ne connais rien. Ce livre était dans mes étagères et il s'agissait d'un exemplaire offert pour l'achat de deux autres livres du même éditeur. L'idée de le lire m'est venue en remarquant que le traducteur n'était autre que Christophe Claro. Maintenant, je comprends. Quelques 150 pages plus loin, je suis toujours aussi enthousiaste, et retrouve même des éléments de comparaison avec l'écriture de Percival Everett...
C'est également au hasard d'une bibliothèque d'une amie que j'ai pioché curieusement le roman de Laura Kasischke (dont j'avais déjà lu sur vos blogs tant de commentaires enthousiastes), A moi pour toujours. Cette fois-ci, c'est le talent de la romancière qui m'a sauté aux yeux (d'où mes troubles de la vision, mais c'est une autre histoire...). Un véritable incipit, beaucoup de symboles dans les cinquante premières pages, et, on le devine rapidement, une bonne dose de talent pour raconter une histoire et distiller de la profondeur avec simplicité et efficacité. Déjà des parallèles Laura Kasischke / Paul Auster semblent se dessiner dans les premiers moments du roman. Reste à voir la suite, mais je ne doute pas un instant d'être confronté à un auteur majeur américain de ce début de siècle.  A moins que la chaleur aidant, mon esprit ne se trouble devant ce semblant de chick litt ?

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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 17:28
- Publié dans : Littérature germanophone - Par Julien

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  Hesse Hermann - Siddhartha

Editeur : LGF

Publication : 1975

Pages : 224

 

Un livre peut-il changer une vie ?

La première question que je souhaiterais soulever dans ce premier article depuis longue date est la suivante : un livre peut-il changer le cours d'une existence ? Inutile ici de rentrer dans un débat littéraire ou pseudo-spirituel, je vais tout simplement apporter une réponse affirmative à la question. Oui, un livre, un roman peut changer le cours d'une existence. C'est d'ailleurs le cas de nombreux livres, de nombreux romans. Premier exemple : lors d'une soirée, deux personnes s'échangent leurs impressions à froid sur un roman lu quelques mois auparavant et s'enthousiasment pour les mêmes passages. Une amitié naît sur cette simple discussion et les cours des deux existences s'en trouvent modifiés. Vous ne discutez jamais des romans lus lors de vos soirées, m'objecterez-vous (ou m'objecterais-je si j'étais schizo) ? Certes... Second exemple : vous découvrez une histoire formidable, un roman qui fait admirablement écho à votre être intérieur, à vos quêtes personnelles, qui soulève des souvenirs d'enfances, réveille les atermoiements de votre vie quotidienne, vous projette dans un univers où vous aimeriez vivre. En refermant le roman, vous poussez un soupir de satisfaction, vous fermez les yeux et cherchez à comprendre comment ce livre va changer votre vie, a changé votre vie. Vous ne savez pas quelle infime portion de vous-même a été bouleversée par les mots de cet auteur, mais vous sentez en vous-même que dans l'horloge imperturbable qui vous constitue, dans cette mécanique aléatoire et biologique qui détermine votre être le plus profond, un grain de sable s'est glissé. Impossible d'en imaginer les conséquences sur l'instant. Peut-être que ce grain de sable s'est immiscé dans un interstice du rouage et ne gêne en rien pour le moment. Pour le moment... Car il est parfaitement envisageable qu'un jour, un autre grain de sable cherche à se coincer dans le même interstice, mais là, la place étant déjà prise par l'ancien grain de sable, le nouveau grain risque d'abîmer le rouage. Il n'est jamais possible de savoir quel grain aura été déterminant dans les grands bouleversements d'une vie.
Et s'il fallait retenir une leçon de cela, il faudrait choisir : ne jamais rien lire, regarder, s'imprégner, ainsi aucune poussière ne viendra vous perturber ; ou bien, plonger dans l'immensité du désert pour habituer ses rouages à fonctionner dans l'enlisement de l'existence.

 

Un roman à lire absolument


Siddhartha a conscience de ces grands changements de l'âme. Il est à la recherche de la Sagesse. Il est entouré de sages, mais ils les considèrent comme des savants et non des sages. Ce qu'il cherche, lui le jeune Siddhartha : le sens de la vie, de l'existence. Il n'a que faire des savoir-être, savoir-faire qui lui sont enseignés. Aussi l'affirme-t-il à son ami dès les premières pages de ce petit roman :
« [...] ils savaient une infinité de choses - mais que valait tout ce savoir, quand on ignore la seule chose qui importe le plus au monde ? »

Le débat est lancé : Hermann Hesse, avec le formidable talent de conteur qu'il met au service de ce court roman d'apprentissage, oppose d'emblée savoir et sagesse. Son personnage, Siddhartha poursuit une quête formidable, la quête d'une vie, qui doit le conduire vers la sagesse. Siddhartha en a le potentiel, mais à aucun moment, nous ne distinguons quelques méandres de ses expériences le conduira vers le vrai savoir, la sagesse. Car, si l'objectif de Siddhartha est clairement identifié, il ne sait comment s'y rendre. Il poursuit donc sa route avec des compagnons réputés plus sages et entame un long et douloureux apprentissage. Siddhartha est discipliné, mais il ne reste pas bloqué dans un schéma de pensée lorsqu'il estime que celui-ci ne lui permet pas d'atteindre son objectif. Il est déterminé et n'hésite pas à remettre en cause un système qui lui paraît bon.
« Et voilà pourquoi je commence à croire qu'il n'est pas de plus grand ennemi du vrai savoir que de vouloir savoir à tout prix, d'apprendre. »

Je ne vous raconterai pas dans ces quelques notes de lecture le cheminement de Siddhartha, l'histoire de sa vie, l'histoire du roman. Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose, c'est qu'il faut le lire absolument. Vous découvrirez ainsi un court roman d'apprentissage, écrit très simplement et qui pose des questionnements profonds sur nos existences. C'est également un beau récit, qui s'apparente par bien des aspects à un conte des Mille et une nuit.

 

Avant d'aller plus loin...


 

En revanche, - et arrêtez de lire si vous n'aimez pas connaître la fin d'un roman (merci de votre lecture et à bientôt sur ce blog pour ceux qui nous quittent ici !) -, je vous dévoilerai le final, absolument génial. Quelques pages, pas plus de dix, pendant lesquels Hesse révèle la sagesse à son héros, Siddhartha. Tout cela tient en quelques citations, copiées ci-dessous. Au final, un chef d'oeuvre à lire et très certainement à relire régulièrement dans sa vie pour accumuler ces grains de sable ou déplacer celui qui ne s'est pas bien positionné quelques années auparavant...

« Quand on cherche, reprit Siddhartha, il arrive facilement que nos yeux ne voient que l'objet de nos recherches, on ne trouve rien parce qu'ils sont inaccessibles à autre chose, parce qu'on ne songe toujours qu'à cet objet, parce qu'on s'est fixé un but à atteindre et qu'on est entièrement possédé par ce but. Qui dit chercher dit avoir un but. Mais trouver, c'est être libre, c'est être ouvert à tout, c'est n'avoir aucun but déterminé »

« la sagesse ne se communique pas. La sagesse qu'un sage cherche à communiquer a toujours un air de folie. »

« Le Savoir peut se communiquer, mais pas la Sagesse »

« Les paroles servent mal le sens mystérieux des choses, elles déforment toujours plus ou moins ce qu'on dit »

« Ce n'est pas dans les discours ni dans le penser que réside sa grandeur ; mais dans ses actes, dans sa vie. »


Et sur cette note finale, on comprend également que le véritable changement dans une vie est dans l'action, pas dans la contemplation. Camus lui-même écrivait ceci dans le Mythe de Sisyphe : « Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. » Hermann Hesse l'avait très bien compris.


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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 23:47
- Publié dans : Vie du Blog Lectures - Par Julien
http://www.pascalblanchet.ca/images/images_originaux/s_web_35.jpgIllustration de Pascal Blanchet



Des lectures, ces dernières semaines

La procrastination, cela vous connaît ? Moi aussi ! Je tarde à publier les articles sur le Siddhartha de Hesse, ou Le Pont sur la Drina d'Ivo Andric, deux chefs d'oeuvre à lire absolument !
Ce site n'est pas mort, son auteur non plus (bon, d'accord, on fait des miracles avec les réseaux sociaux, mais quand même pas des publications virtuelles d'outre-tombe), il est juste amorphe et sans réactivité ! Merci pour vos nombreux posts auxquels je répondrais, tardivement, mais ce sera fait.
En attendant, je poursuis quelques lectures non littéraires et suis plongé dans des documents expliquant comment lutter contre la procrastination. Passionnant, n'est-ce pas ?
Allons, rappelons-nous la citation de Saint-Exupéry dans le Petit Prince : « Il est quelquefois sans inconvénient de remettre à plus tard son travail. Mais, s’il s’agit des baobabs, c’est toujours une catastrophe. »
Heureusement, nuls baobabs à mon horizon... A très vite.

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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 19:00
- Publié dans : Samedi pianistique - Par Julien

 



Quand on mélange un tube d'excellent Radiohead avec le talent du pianiste pop Jamie Cullum, on obtient une délicieuse imbrication de la musique et des mots, l'un élevant l'autre, pour le meilleur de nos oreilles ! Certes la magie du piano de Cullum apporte une note jazzy à ce désormais standard de la pop britanique, mais  si vous êtes bien attentif, il y a un batteur absolument furieux qui matraque ses cymbales avec un talent fou :)) Ce n'est pas très dry, mais définitivement high !

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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 19:00
- Publié dans : Samedi pianistique - Par Julien

 



Laissez passer l'introduction affreuse, trente secondes max, et délectez-vous de cette musique de Jimi Hendrix, Little wing, reprise par un illustre inconnu, Tim Dvorkin.
Après ce petit récital, le samedi soir prendra une tournure nouvelle :-)


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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 19:00
- Publié dans : Samedi pianistique - Par Julien

 



Attendez la fin de la première minute de cette courte vidéo et laissez-vous ensorceler par cette interprétation fabuleuse de Space Oddity par le pianiste qui fit les beaux jours de David Bowie sur l'album Aladdin Sane : Mike Garson.

Un style très particulier, qui ne plaira certainement pas à tout le monde, mais un style tellement expressif ! De quoi attaquer la soirée dans de bonnes conditions...


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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 14:25
- Publié dans : Vie du Blog Lectures - Par Julien
http://www.fubiz.net/wp-content/uploads/2010/03/schude7-550x689.jpgPhotographie de Ryan Schude

Le temps, je le perds tous les jours. Surtout en ce moment ! En attendant que je me décide à publier un article sur ma lecture du sublime Siddhartha d'Hermann Hesse, ou encore quelques lignes sur le curieux Bestiaire de Julio Cortazar, voici quelques lignes extraites de l'article d'Antoine Compagnon dans le Magazine Littéraire de ce mois-ci, consacré à Marcel Proust :

« Une œuvre qui se conforme à son programme, c’est une œuvre qui s’épuise vite, parce que ses lecteurs ont tôt fait de l’assimiler, mais une œuvre déséquilibrée entre son projet et son accomplissement, c’est une œuvre qui a de quoi franchir le temps. Non pas que toutes les œuvres imparfaites soient promises à la postérité, bien entendu, mais celles qui portent en leur cœur un ratage magnifique, la contradiction par rapport à tout dessein qui est la vie même. »

Oui, la vie est ainsi faite, pour notre plus grand bonheur !

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