Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

1 / 5


Inutile de faire le résumé de ce livre puisqu'il n'y a pas d'histoire. Ces quelques pages ne sont, en tout et pour tout, que le reflet de réflexions mièvres et insipides d'un universitaire parisien, dont la quintessence de la rébellion consiste à se remémorer d'une part son errance pitoyable dans le Munich de 1968, d'autre part son désarroi face à un de ses professeurs martyrisé par une bande de beatnik fils à papa (parce que lui, hé bien il est pauvre petit enfant d'un ouvrier et d'une couturière). Il finit gros beauf élitiste (le Louvre que pour les élites), pro-européen, catholique exacerbé, faux-gauchiste (l'insoumis qui tient tête au directeur de l'UFR en lâchant un vile "non merci, je ne fais pas de méta-poésie", qui passe son dimanche en famille sur une plage parisienne de Normandie, à faire croire au monde entier – enfin à nous pauvre lecteur provincial inculte – que son fils de la vingtaine vient toujours avec papa et maman et le petit chien trouvé par terre, et qu'il se souvient de la réflexion de papa sur Flaubert et Madame Bovary en se mirant dans les vasières à limicoles de la mer grise…), méta-cultivé (puisqu'il connaît dans le désordre : l'Anatolie, un poème en langue slave, Thomas Mann, un compositeur allemand avec un nom polonais, et vice versa… enfin il ne connaît quand même pas le nom de la colonne Morris en allemand, quel dommage, cet être est donc faillible !). Attention chers lecteurs, nous avons affaire ici à une sorte de personnages complètement attachants, un peu du genre super-héros de la cervelle, le Hellboy du germanisme, le Daredevile de la construction européenne, le Ghostrider proustien de la Sorbonne ! Ca vous en bouche un coin, cette culture-là ? Ha, mais à Monsieur le personnage Jérôme Lafargue, ça ne l'intéresse pas le moins du monde cette culture-là, parce que monsieur raye le mot "Coca Cola" sur la liste de course de madame… Quel audacieux vandale ! Quel anti-américaniste dépravé ! Georges Bush peut commencer à claquer des dents, voici Jérôme Lafargue, made in France, avec le béret et la baguette de pain pour occire l'envahisseur d'outre-atlantique.

Enfin, quelque part, ce livre est dans la grande lignée des blagues Carambar. Il m'aura bien fait rire… si vous voyez de quel genre d'humour il s'agit

 

Autant le savoir, le style du roman, s'il n'est pas indigeste en raison de sa concision, se rapproche bien plus d'un script cinématographique sans ambition qui reste une semaine dans le cinéma d'arts et d'essais de votre quartier. Quant au contenu, il s'agit, vous l'aurez compris, d'un étalage inapproprié, fade, ennuyeux, nombriliste, de bribes de pensées qui pourraient laisser croire (mais à qui ? pas au lecteur moyen quand même ? pas à la mamie rompue aux bouillonnantes histoires d'Harlan Coben ? Pas à la ménagère passionnée engloutissant les lignes trépidantes de Mary Higgins Clark ? encore moins aux jeunes boutonneux habitués à l'heroic fantasy primaire mais ô combien plus palpitante que cette Reconstruction) que le personnage principal n'est qu'un pantin dont l'auteur se moque lamentablement – et malheureusement, nous n'en sommes pas là apparemment.

Si vous aimez la poésie tchécoslovaque, il y a bien quelques lignes à sauver de ce bouquin… Sinon n'encombrez pas votre bibliothèque, participez au bien-être de la Terre en diminuant votre facture énergétique et en achevant la Reconstruction de cette ouvrage : du bois, tu redeviendras bois ; et tu brûleras cet hiver dans ma cheminée ! Je me demande d'ailleurs comment un ouvrage de ce type a-t-il pu être choisi par Actes Sud qui est un éditeur tout à fait respectable. Probablement ne suis-je pas en phase avec les lectures actuelles… A vous de voir  !

Tag(s) : #Littérature française

Partager cet article

Repost 0