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Editeur : Editions des Deux Terres

Publication : Mars 2008

Pages : 424


De la chik-litt...

J'ai cru en prenant ce livre que j'allais faire une belle découverte. J'avais rapidement vu quelques critiques très positives sur les différents, et comme à mon habitude, je ne me suis pas attardé sur le contenu en lisant les articles, simplement sur les impressions des blogueurs sur ce roman.

Puis, j'ai commencé à lire. Et là, j'ai pensé un instant commencer mon challenge Chick-litt for men, tant les premières pages m'ont laissé penser que j'allais enfin toucher de près ce que j'apercevais de loin : une littérature de fille pour les filles (en l'occurrence de femme pour les femmes), avec les problèmes sororels, l'influence de la mère récemment décédée et dont on n'a pas encore complètement fait le deuil, une présence oedipienne d'un père un peu loufoque, et des considérations de la bourgeoisie anglaise qui n'allait pas tarder à m'ennuyer.

L'histoire

Mais, j'ai tenu bon, ne serait-ce qu'en raison des pointes d'humour se dégageant des lignes de ce roman. Marina Lewycka a certainement du talent pour rendre amusante des situations particulièrement cocasses : un père presque sénile qui rencontre une séduisante vamp de l'est, qui l'épouse subitement, lui donne toutes ses économies, lui fait refaire les seins, lui achète les pires voitures de la contrée (Lada, Opel Corsa, épave de Roll's Royce) ou lui écrit des poèmes. Tout cela dans une ambiance très anglaise contemporaine, c'est-à-dire "famille ukraïna vivant campagne anglaise".

Les deux soeurs, Vera et Nadezhda la narratrice, vont se liguer contre la méchante Valentina, bombe sexuelle au début du roman, puis rapidement grosse mégère au sang russe dans les chapitres suivants, et obliger le père à divorcer de la rivale qui veut ruiner une héritage limité à une vieille maison pleine de souvenirs.

Très franchement, j'ai longtemps attendu quelque chose de consistant, mais l'histoire est aussi flasque que les pommes Toshiba fondue aux micro-ondes dont l'auteur nous narre la genèse au tout début de l'histoire. Le titre est accrocheur, car il n'a rien à voir avec la choucroute : le père sénile mais partiellement cultivé, rédige un traité sur l'histoire des tracteurs en Ukraine. C'est paradoxalement cette partie là qui est la plus subtile dans ce roman. Le parallèle entre l'ingéniosité développée pour l'amélioration de la mécanique de ces tracteurs, mi-engin pour labourer les champs, mi-char d'assaut pour le combat terrestre pendant les différentes guerres, et la simili-intrigue vécue par le père ou Nadia est assez amusante.

Du bon, cependant.

J'ai beaucoup aimé les passages qui racontent la vie des parents des deux soeurs, leur vie en Ukraine, la lutte pour la survie, les dénonciations, les explications de la douce folie du vieillard. Pourtant, tout est bien loin d'un livre comme Lignes de failles de Nancy Huston qui abordait le même sujet d'une manière beaucoup sensible et efficace, et avec finalement un humour plus fin.

J'ajouterai également que le traitement de la vieillesse du père peut faire écho à de nombreuses situations personnelles vécues directement ou indirectement. Je peux comprendre qu'on puisse être ému par certaines situations qui montrent le vieil homme redevenu enfant, cachant certaines choses à ses propres filles de peur de se faire gronder.


Alors, oui, j'ai attendu en vain qu'il se passe quelque chose, et je me suis lassé de ses chamailleries entre soeurs, entre filles et père, entre femme et mari. Il y avait certainement une idée intéressante derrière tout cela...

Un livre qui ne s'extrait pas de la littérature de consommation.



Sur les blogs :

- Ceux qui ont aimé : Armande, Kathel, Cathulu, Jules.
- Ceux sont déçus : Keisha.

Tag(s) : #Littérature anglaise

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