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Editeur : Tristam (en fait, j'ai lu la version Pléïade...)

Publication : Septembre 2007

Pages : 152


200
Le dernier bicentenaire que j'ai fêté, c'était celui du 14 juillet 1789. Aujourd'hui, à l'invitation de Dominique, je me plais à rendre un petit hommage à celui qui a inspiré Yann Martel (cf. L'histoire de Pi), et rien que pour cela, je dis "chapeau bas !".

Edgar Allan Poe est né le 19 janvier 1809 à Boston. Il aurait pu être un des méchants personnages de Wilkie Collins, un de ces rustres qui épouserait sa cousine de 13 ans, qui sombre dans une folie éthylique dont les affres du romantisme américain tireraient le meilleur parti, qui disparaitrait mystérieusement en transmuant la lourdeur physique de son corps en une légèreté voluptueuse et spirituelle dont les traces indélébiles s'imprimeraient dans l'éternité littéraire de l'humanité. Mais non, Edgar Poe n'est pas un personnage de Wilkie Collins. Il n'est pas né de l'imagination fertile d'un écrivain, mais il a existé tout simplement. Et il nous a légué l'excellence de ses contes, un roman surprenant, une biographie de leader du groupe rock, et surtout, il a lancé les états-unis sur la voie de la littérature.

Encore du grec...

Pour fêter cela dignement, j'ai lu Eurêka. Aïe ! Pensant parcourir un de ses contes subtiles annonçant l'aube du roman policier, je me suis plongé dans cette aventure inductive où l'unité du monde règne d'une main de maître, en dépit de viles tentatives pour la faire voler en éclats. Le ton est donné. Une bouteille en provenance du futur est trouvée dans le prologue, et retrace les étapes de la connaissance scientifique. Puis Poe, qui se cite lui-même comme l'auteur le plus génial de l'univers car il a réussi à unifier toutes les théories en cours, celle de la gravitation particulièrement, au sein d'une théorie unique qui inclut celle de Laplace avec une facilité déconcertante (vive la réflexion inductive), mélange, assez indigestement avouons le, langage poétique, jargon astronomique et référence philosophique, dans un ouvrage qui aura le mérite de révéler une culture débordante, mais point d'esprit saillant scientifique.

Peu importe, le contenu de cet ouvrage, qu'il soit bon ou non. Poe avait cette idée d'unifier son monde, spirituel, et c'est déjà un effort louable. Cet auteur terriblement humain (ses ouvrages sont truffés d'erreurs, il a connu l'opprobre, les échecs, la mort de sa dulcinée, sa propre déchéance...) ne sera un exemple pour personne. Pourtant, avec tous ces défauts, il reste un phare pour de nombreux écrivains, qui guide les plus aventureux et les empêche de s'échouer sur les écueils de la facilité.
Tag(s) : #Littérature anglaise

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