Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog




Editeur : Delcourt

Publication : Janvier 2004

Pages : 48



Ceux qui t'aiment constitue le troisième et dernier tome de la série Un monde si tranquille.

Du football !

L'histoire commence avec le gardien de but, Renaud, qui lors d'une finale ultra importante pour la vie de tout le pays, marque un facile but contre son camp, but volontaire, sans aucun doute. C'est l'incompréhension totale. Comment peut-on en arriver là ? C'est ce qu'Etienne Davodeau va expliquer en narrant l'histoire d'une superstar, une sorte de Zinédine Zidane, qui a tout gagné et qui a perdu l'envie d'aller plus loin. Lorsqu'un être possède déjà tout, argent / amour / carrière / jeunesse, il n'a peut être plus suffisamment d'objectif concret pour continuer à avancer avec la même envie qu'auparavant. C'est ce qui arrive à Toumermeulen, alias Titou, le champion de l'équipe, qui accepte un dîner chez une vieille dame dont le mari est mourant. Alors que Titou avait accepter l'invitation à la seule condition que personne d'autre ne soit au courant, la vieille dame a trahi sa parole en prévenant un ami de la famille, ivre, qui enlève le footballeur dans le but de demander une rançon. Mais la demande de rançon tourne mal, l'ivrogne blesse gravement Titou. Titou, lui, se rend compte qu'il n'est qu'un objet dont la valeur financière est dictée par sa popularité, qu'il est l'objet de convoitises absurdes. Il veut tout arrêter.

Comme à son habitude, Davodeau ne s'arrête pas seulement à ce récit : il décrit autour une sorte de misère, à la fois financière et intellectuelle, qui touche la France d'en bas. Enfin, pas si bas. La France moyenne vaudrait-il mieux dire, vous et moi, finalement. L'humanité des personnages est très touchante, une nouvelle fois, mais cette fois-ci, j'ai du mal à croire en cette histoire de footballeurs qui prennent conscience qu'ils ne sont que des objets. Je n'arrive pas à comprendre comment cette histoire serait possible. Peut-être parce que dans un sport collectif, l'équipe supporte les individualités et que les individualités agissent dans la discrétion. Pourtant, n'a-t-on pas un exemple flagrant de championne française de natation qui a tout gagné trop rapidement et qui n'a plus l'envie ? C'est très compréhensible, et probablement une belle marque d'intelligence. Malheureusement, comme chacun le sait, l'intelligence apporte un lot d'inconsolables déceptions et d'innombrables désillusions sur notre propre condition de roseau pensant.

Davodeau signe néanmoins encore une bande dessinée très agréable à lire.
Tag(s) : #BD

Partager cet article

Repost 0