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Editeur : Jacques André (Collection En attendant le bus)

Publication : Octobre 2008

Pages : 61


Un bébé sans saveur...

Et le bébé était cuit à point est un livre que l'éditeur m'a gentiment envoyé, en échange d'une critique éventuelle ("qu’il soit éventuellement le sujet d’une de vos chroniques de lecture"). J'ai décidé de jouer le jeu, car si la démarche peut être critiquable (confère l'article sur la publicité dont profitent les éditeurs avec nos blogs), j'ai été recommandé par Géraldine auprès de cet éditeur, et le contact a été, dirons-nous, très humain aussi bien dans les premiers mails que lors de la réception de l'ouvrage qui contenait un marque-page de l'éditeur avec une inscription manuscrite au dos : "En vous souhaitant bonne réception et bonne lecture". D'accord, c'est simple, mais c'est efficace et je remercie l'éditeur pour cette délicate attention. En échange, voici donc mon billet, avec toute l'honnêteté et la subjectivité dont je peux faire preuve. Bien que je n'ai pas apprécié l'ouvrage, il mérite bien qu'on parle un petit de lui.

Le livre appartient donc à une collection "En attendant le bus" et cette collection porte parfaitement son nom, car la soixantaine de pages du petit livre se dévorent assez rapidement, même pour un lecteur lent et non assidu comme moi.

L'histoire est celle d'une jeune femme, Blanche, à la vie morne, à l'allure morne, et qui se sent écrasée par sa mère qui vit parfaitement son divorce en multipliant les amants. La mère se débarrasse du chat Harmonie et en obligeant Blanche à la prendre dans son appartement. Ce chat va être l'élément déclencheur de la nouvelle vie de Blanche : nouvel amant, nouvelles réussites dans son travail (industrie agro-alimentaire), nouveau bien-être. Jusqu'à ce que Blanche découvre l'horrible vérité.

Tout d'abord, j'ai cru comprendre qu'il y avait de l'humour dans le traitement de ce récit, mais je n'ai pas bien compris ce qui était drôle. Quoique, humour ne veut pas forcément dire drôle... Mais l'humour noir fait sourire. Là, je n'ai rien vu passer, même en lisant entre les lignes...

Ensuite, les différents éléments de l'histoire ne sont traités que partiellement, la faute à la longueur du récit, mais si l'histoire avait été plus longue, il n'est pas sûr que je serai allé beaucoup plus loin dans ma lecture : le thème du chocolat revient quelques fois pour montrer que Blanche possède un travail qui ressemble à celui d'Octave dans 99 francs de Beigbeder (les slogans ou idées qu'elle trouve ne tiennent pas la route, et ne sont toujours pas... drôles...) ; les différentes scènes semblent improbables, la mère qui balance le chat, l'amant qui débarque chez Blanche, la présentation de Blanche devant son patron et les clients - on dirait que tout est bancal, sans trop savoir pourquoi ; l'aspect conte est sous-jacent dans le récit, et pourtant mal exploité - on comprend presque mieux la quatrième de couverture que le récit lui-même.

A french psycho

A cela, faut-il ajouter la présence bien trop patente de la psychanalyse tout au long du récit, de l'allusion au complexe d'Oedipe inversé (la castration symbolique), à l'explicite citation de Jung. Cela ne laisse plus grand chose au lecteur pour se poser des questions en attendant son moyen de transport préféré. Entre une héroïne qui s'appelle Blanche (comme Blanche-neige ou toute autre héroïne de conte de fées, immaculée et vierge), et le chat qui se nomme Harmonie (histoire de bien faire comprendre au lecteur que le chat est la cause du bien-être entre Blanche et son amant), et la mère jamais nommée. Non, c'en est trop, Bruno Bettelheim a laissé un héritage bien trop grand pour qu'il puisse être récupéré partiellement et sans âme de cette manière !

L'essentiel, néanmoins, est que ce court récit remplisse sa fonction première : nous faire patienter pendant qu'on attend le bus. Et pour ça, il est très efficace ! Pour ma part, ce n'est pas ce que je recherche dans la littérature. Le livre m'a paru bien fade, sans grand intérêt et j'ai activé ma mémoire "poisson rouge" pour le lire : aussi vite lu, aussi vite oublié.

Dernier bémol : le rapport quantité / qualité / prix. Ce petit livre coûte 5 €. D'accord, l'éditeur est un petit éditeur et ce livre n'a pas le même tirage que les folio à 2 €, mais je me rappelle avoir lu L'étrange histoire de Benjamin Button pour la modique somme de 1,5 € et encore, il y avait une seconde histoire. La concurrence sera donc rude, car pour mettre 5 € pour 61 pages, il faut vraiment que le récit en vaille la peine...

Sur les blogs :

Je ne donnerais qu'une seule adresse : celle de Géraldine dont le commentaire est enthousiaste (et vous pouvez même lire une interview de l'auteur sur son blog).
Tag(s) : #Littérature française

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