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  Flaubert-Gustave---Madame-Bovary.jpg

Editeur : Pocket (Pocket Classique)

Publication : Juin 1998

Pages : 450

 

Un chef-d'oeuvre

J'ai cherché à plusieurs reprise la meilleure manière de présenter ce compte-rendu sur Madame Bovary de Flaubert. A vrai, dire, je suis désarçonné. J'ai innocemment emporté ce roman avec moi, en vacances, lorsque je suis parti au Portugal en octobre. Vous savez : les transports, l'attente dans l'aéroport, à la gare, dans les bus. Quelques soirées à l'hôtel, hésitant entre la Nouvelle Star en portugais et une normande volage.

Pourtant, dès les premiers mots, c'est le style de Flaubert qui s'impose. Le voyage est là et bien là : un voyage dans le temps, à une époque où les auteurs maniaient leurs textes avec une virtuosité déconcertante, retouchant chaque phrase pour la ciseler à la perfection, pesant chaque mot, élaborant des personnages attachants, élevant le sentiment de grandeur du lecteur dans ces situations parfois si communes. Flaubert est absolument génial et atteint certainement avec Madame Bovary une sorte de Saint-Graal de la littérature. Qu'il est bon de lire ces livres qui vous rappellent ce qu'est un chef-d'oeuvre de la littérature française. Il ne m'arrive pas souvent d'aimer un livre à ce point, pour le style de son auteur essentiellement. L'histoire n'est qu'un prétexte. Mais quel prétexte !

La morale de l'histoire

Il y aurait tant à dire sur ce roman, mais tout a déjà été dit, et d'une bien plus fine manière que je ne saurais jamais le faire. Avec mon regard masculin, j'ai été pris de compassion pour Monsieur Charles Bovary, ce brave homme - un looser, c'est sûr - qui finalement introduit et termine cette histoire, dont on suit l'histoire tragique, et qui n'existe réellement que par sa femme adultère. La morale de cette histoire est certainement plus complexe qu'elle n'y paraît. Ce n'est pas forcément pour celà que je lis aujourd'hui Principia Ethica du philosophe analytique George Edward Moore, mais cela m'aidera à comprendre ce qui est bon, ce qui est bien et ce qu'est le bien. Car tout le roman de Flaubert se décline autour de l'amour, de la passion et de la morale.

Et les romans, sont-ils mauvais pour la santé mentale ?

A noter, les prémices de Bouvard et Pécuchet (roman beaucoup plus ennuyeux mais tellement ambitieux de Flaubert) se retrouvent dans les dialogues passionnants qui mettent en scène Homais, le pharmacien du pays, qui quoique fabuleusement énervant, n'en lâche pas moins certaines réflexions de l'auteur sur la science, sur la religion, sur la médecine (et son application illégale) et sur la politique. Cette Madame Bovary est d'une richesse formidable. A mettre entre toutes les mains, très certainement !

Autre note de lecture : l'épisode de l'opération du pied bot d'Hippolyte, qui se termine par une amputation, m'a particulièrement marqué. Flaubert montre un talent de conteur habile, mêlant termes techniques et comportements psychologiques particulièrement abjectes des "médecins". Homais y est odieux et obséquieux, Bovary complètement manipulé et dépassé, Canivet impitoyable. Hippolyte, qui se portait parfaitement bien avant l'opération malgré son pied bot, est victime du désir de puissance des hommes de science. Malheureusement toujours d'actualité...
Tag(s) : #Littérature française

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