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Essais

Mardi 6 octobre 2009


 

Editeur : Flammarion

Publication : 2008

Pages : 333

 

Le livre de chevet des managers

Dire qu'un livre chinois guide peut-être la plupart des grands capitalistes du monde occidental ! Ce livre est réputé comme étant un manuel de gestion des équipes. Normal, finalement, puisqu'il s'agit d'un traité de guerre, un traité militaire sur la gestion des troupes et des combats, offensifs ou défensifs, selon les cas possibles (siège, combat en ligne, assaillants nombreux, défenseur mieux protégé par les éléments naturels, etc...).

Très franchement, j'ai trouvé que le livre dans cette collection Champs, qui habituellement me plaît beaucoup, est très mal organisé, avec une trop longue introduction (préface, remerciement et introduction couvrant 110 pages), de nombreuses notes de traduction gênant un peu la mise en page du texte principal, d'autant qu'une centaine de pages finales est constituée pour l'essentiel par un appendice expliquant la traduction des différents chapitres.

Dans ce fouillis, j'ai trouvé une traduction de quelque 150 pages qui relate précisément l'art de la guerre en décomposant les différentes composantes essentielles : l'énergie, le terrain, les troupes, les points forts et faibles, etc... Beaucoup d'exemples étayent les propos de l'auteur, à l'image de ce qui pouvait se faire du côté occidental, chez Montaigne dans ses Essais, ou Machiavel dans Le Prince.
Ces composantes essentielles sont décrites sous forme de petites phrases, des pensées en quelques sortes, et effectivement, s'appliquent plus ou moins au management, dans la mesure où une grande part d'interprétation est donnée au lecteur dans l'analogie entre la guerre et le monde de l'entreprise.

Mais n'oublions l'objectif premier de cette ouvrage qui est un traité militaire pour chefs militaires. D'un point de vue littéraire, il n'apporte pas grand chose, et se situe, malgré les similitudes, à des années-lumières du Prince de Machiavel, par exemple.

Si vous n'avez pas d'équipe à gérer de main de maître, vous pouvez passer votre chemin ;)
Par Julien
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Dimanche 4 octobre 2009


 

Editeur : Bordas

Publication : 1986

Pages : 101

 

La fin justifie les moyens...

Nicolas Machiavel est probablement un philosophe à la manière de Montaigne. Il s'inspire des auteurs antiques pour trouver les réponses à des questions actuelles. C'est dans ce sens, et également pour faire un cadeau exceptionnel à son prince, Laurent de Médicis, qu'il rédige Il Principe en 1513. Dans la préface, l'auteur lui-même s'excuse de dicter quelque règle à une personne de noble condition, mais justifie son acte par le fait d'être le mieux placé pour prendre du recul :
« Il paraîtra peut-être téméraire à moi, né dans une condition obscure, do'ser donner des règles de conduite à ceux qui gouverne. Mais comme ceux qui ont à dessiner des pays montagneux se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu'ils veulent lever la carte d'un pays plat, de même, je pense qu'il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et plébéien pour bien connaître les princes. »

Certes... Nicolas Machiavel, même s'il reste licencieux - et il a tout intérêt de le rester ! -, nous dévoile l'image des hommes de l'ombre, ceux qui finalement ont le plus d'influence sur les dirigeants, à l'exception peut-être de leurs propres femmes. C'est un des attraits de ce petit traité de philosophie, car il ne faut pas perdre de vue que ce petit livre est aux origines des Essais de Montaigne (1595), et du Discours de la servitude volontaire de La Boétie (1548). Nicolas Machiavel est donc un précurseur chez les Humanistes de la Renaissance, et plus particulièrement, il élabore les prémisses de la philosophie politique de ses contemporains et successeurs. Même si son traité est à rapprocher de celui des antiques, il a l'avantage d'être le plus adapté à la configuration politique que nous connaissons aujourd'hui. Je ne doute pas un seul instant que quelques dirigeants d'entreprise se confrontent à la lecture du Prince afin d'y trouver les recettes qu'ils mettront en application afin d'asseoir leur poste... Après tout, pourquoi pas, si c'est la finalité de cet ouvrage !

Un livre d'une simplicité impressionnante

Nicolas Machiavel possède un style simple. A la manière d'un Montaigne, il use d'exemples précis pour appuyer ses propos. Le lecteur s'y retrouve facilement dans ce petit traité de politique à l'usage des dirigeants. Le comportement des sociétés et des hommes est passé au crible avec beaucoup de talents. Si le comportement des sociétés constitue l'essentiel du savoir de Machiavel, voici un petit exemple de ce qu'il pense de celui des hommes (chap. VI) :
« Les hommes suivent presque toujours les routes déjà battues par d'autres, et ne se conduisent dans leurs actions que par imitation ; or, comme on ne peut tenir en tout la même route, ni parvenir à la hauteur de ceux qu'on prend pour modèles, un homme sage doit ne suivre que les chemins tracés par des hommes supérieurs et imiter ceux qui ont excellé, afin que s'il ne les égale pas en tout, il en approche du moins en quelques points. Il doit faire comme ces prudents tireurs d'arcs qui, trouvant le point auquel ils se proposent d'arriver trop éloigné, et appréciant la force de leur arme, visent plus haut que le but uniquement pour pouvoir l'atteindre. »

Le discours est limpide, comme vous pouvez le constater. N'oublions pas qu'il s'adresse à un Prince ;)

L'influence de Machiavel

S'il décrit avec finesse tout ce à quoi un Prince peut être confronté durant l'exercice de ses fonctions, Machiavel n'en n'oublie pas d'inciter son Prince à organiser la réunification de l'Italie, en quelques sortes finalement, dans un chapitre final intitulé « Exhortation à délivrer l'Italie des barbares ».
Un petit essai talentueux et qui traverse les âges sont aucune difficulté. Malgré les critiques sur le fond de la pensée de Machiavel, Le Prince est certainement un des traités qui s'applique le plus simplement au monde réel, un modèle de pragmatisme, sans être pour autant un manuel d'existence. Sûrement un livre que nos dirigeants s'amusent encore à lire, avec L'art de la guerre de Sun Tzu.

Ce livre a été lu en commun / parallèle avec Kalistina ! Je vous invite à visiter son article pour consulter les autres articles de cette lecture commune.
Par Julien
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Vendredi 31 juillet 2009


 

Editeur : First

Publication : Mars 2009

Pages : 579

 

  Le corps humain... pour moi

Moi qui suis vraiment nul en biologie, moi qui n'ai jamais suivi de cours dans cette discipline depuis ma classe de 4ème, moi qui ne connaissais toujours pas la différence entre un synapse et un neurone, entre un globule blanc et un globule rouge, entre le tarse et le méta-tarse, enfin des choses comme cela... je me réjouissais de recevoir ce gros livre, cette encyclopédie dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio...

Un jour, le livre sonna à ma porte (enfin, c'est un peu plus compliqué que cela, puisqu'interviennent tout un tas de postiers mais je la fais courte) et , lui et moi, on s'est tout de suite plu. Je ne dis pas que cela a été une histoire d'amour, comme les coups de foudre qu'on nous raconte dans les films de Hollywood ou de Paris, France, mais ce bon gros bouquin, avec ses encarts un peu dans tous les sens et son sujet sur une discipline que je ne connaissais pas, ça m'a fait quelque chose.

Mais finalement, c'est un peu brouillon pour moi

Tandis que je pensais rentrer dans la biologie par la grande porte, voilà qu'au bout d'un mois de lecture parcimonieuse - je dois bien avouer que cette fois-ci, je n'ai pas eu le courage de lire ce livre de manière séquentielle, mais en papillonnant de chapitres en chapitres, revenant en arrière lorsque c'était nécessaire, sautant quelques passages disons un peu trop complexes pour moi -, j'en arrive à la conclusion que ce livre n'est pas fait pour moi. Non pas que je ne sois pas un nul, ça je ne le remets pas en cause. Mais je n'ai pas eu le déclic qui fait que je m'intéresse au corps humain, à la biologie en général. Ce livre ressemble plus à un complément accompagnant celui qui s'y connait déjà un peu, plutôt qu'à une guide pour celui qui ignore tout.

Il s'agit néanmoins d'une sorte de bonne grosse encyclopédie dans laquelle chacun pourra puiser ce qu'il y cherche. Autre bémol : je n'ai pas tellement apprécié le ton de ce docteur Gepner.

Ne nous y trompons pas

Ce livre est quand même une véritable bible sur le corps humain et à chaque lecture, je découvre des aspects que je ne connaissais pas de mon propre corps... N'est-ce pas curieux d'ailleurs ? Les mécanismes sont expliquées clairement, par des schémas parfois et les encarts sont tout de même assez bien faits. Comment fonctionnent les reins, les cordes vocales, quels sont les os du corps humain, comment est constitué l'oeil, de quoi est composé le sang ? Autant de questions qui trouvent une réponse précise et scientifique dans cet ouvrage, pour tellement pour les nuls au final ;)

Un grand merci à Guillaume de Babelio, qui a su trouver les mots pour inciter les Editions Générales First à mettre entre les mains d'un lecteur-blogueur lambda, ce livre instructif...
Par Julien
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Vendredi 31 juillet 2009


 

Editeur : Tallandier / Arte Edition

Publication : Novembre 2007

Pages : 207

 

Le second volume

Le second volume d'un "atlas d'un monde qui change" reprend les grands principes du premier volume ayant déjà fait l'objet d'un billet il y a quelques mois : des cartes pour expliquer le monde et la géopolitique.

Encore une fois, l'ensemble est d'une grande qualité, avec des cartes particulièrement pertinentes (cartes sur les pandémies, sur la piraterie, sur la présence de la Chine en Afrique, sur la distribution des ressources pétrolières et gazières dans certains pays comme le Venezuela ou la Mongolie et les rapports de forces qui se déploient autour, etc...), des textes concis mais précis qui sans rentrer dans le détail apporte un éclairage suffisant pour décrypter les enjeux correspondants.

Prise séparément, chacune des cartes présente simplement ce qui n'est jamais expliqué clairement dans la plupart des journaux télévisés ou même parfois dans la presse écrite.

Pour prendre un exemple concret, l'Irak. Faisons abstraction du texte, pour nous concentrer sur l'objet essentiel de ce livre :
  1. Carte n°1 : répartition au Moyen-Orient des Sunnites, des Chiites et des Kurdes,
  2. Carte n°2 : répartition des principales villes de Mésopotamie,
  3. Carte n°3 : zone d'influence française et anglaise suite au démantèlement de l'empire Ottoman,
  4. Carte n°4 : naissance de l'Irak suite à une volonté de la SDN en 1920,
  5. Carte n°5 : zoom de la carte n°1 sur l'Irak,
  6. Carte n°6 : reprise de la carte n°1 sans les kurdes,
  7. Carte n°7 : reprise de la carte n°5, mais avec les zones de pétrole,
  8. Carte n°8 : Guerre contre l'Iran, carte centrée sur la frontière des deux pays,
  9. Carte n°9 : zoom de la carte n°8 sur le Koweït,
  10. Carte n°10 : zoom de la carte n°9 sur l'île de Bubiyan (guerre contre le Koweït),
  11. Carte n°11 : reprise de la carte n°5 avec les Sunnites seulement,
  12. Carte n°12 : reprise de la carte n°5 avec les Chiites seulement,
  13. Carte n°13 : reprise de la carte n°1 avec les Kurdes seulement (et le pétrole),
  14. Carte n°14 : mouvements djihadistes vers l'Irak suite au déclenchement de la guerre en 2003.

14 cartes en 8 pages. Décrites comme je viens de le faire, on peut penser qu'il y a des redondances et c'est certes le cas. Mais à chaque carte correspond un contexte particulier et la carte n'est qu'un support pour mettre en valeur l'idée associée. Le travail est globalement remarquable.

Moins bien que le premier ?

Seul bémol cependant par rapport au premier volume, celui-ci ressemble parfois à un agglomérat de toutes les cartes qui n'ont pas pu être insérées dans le livre précédent. C'est un peu le problème avec les numéros 2.

Les deux chapitres, Les Chocs de la Mondialisation et Redéploiement des rapports de force manquent de temps en temps de cohérence, mais l'ensemble est largement au-dessus de la moyenne, et utile aussi bien aux étudiants, qu'au simple citoyen du monde qui cherche à éclairer sa lanterne sur la géopolitique contemporaine.

Un grand merci à Guillaume de Babelio, qui a eu la bonne idée de convaincre Arte Editions dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Par Julien
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Lundi 6 avril 2009


   

Editeur : Allia

Publication : Mars 2009

Pages : 123


Un éditeur que je découvre

Il est rare qu'un livre, je parle de l'objet livre, attire autant mon attention dans une librairie. Je pense que la couverture avec cette photographie en noir et blanc de Frances Amelia Yates sur ce petit livre m'a plu. La facture de l'ouvrage, de bonne qualité, m'a donné envie de le feuilleter. Et là, l'ensemble m'a paru bon, le papier doux au toucher et au regard, le texte d'une taille suffisante pour la lecture, quelques illustrations et photos pour égayer la lecture (cela se justifie d'autant que les fragments autobiographiques sont complétés par quelques portraits de jeunesse de l'intéressée).

Mais les Editions Allia m'ont fait une forte impression : le texte de Frances A. Yates est préfacé et annoté avec à-propos par Jocelyn N. Hillgarth (historienne spécialiste de l'Espagne médiévale), puis postfacé par le traducteur Boris Donné. L'ensemble est de qualité et je suis ravi de cette découverte. Mais ce n'est pas tout :
  • Les éditions Allia publient également Science et tradition hermétique de Frances Amelia Yates, mais également deux ouvrages de Giordano Bruno, De la magie et des liens, parmi tant d'autres ouvrages attisant ma curiosité comme Le Théâtre de la mémoire  de Giulio Camilio ou 900 conclusions de Pic de la Mirandole,
  • En effet, les éditions Allia publient ce que les autres éditeurs ne publient pas - ceci leur a été reproché apparemment. Ils s'intéressent donc à des ouvrages de qualité mais oublié, ou libres de droit mais dont la publication n'est plus à l'ordre du jour,
  • Enfin, les éditions Allia proposent des prix raisonnables, avec même une collection à 3 € dont l'argument de la création est, selon Livres Hebdo n°271 qui recueille les propos de Gérard Berréby, le directeur des éditions : « Les nouvelles générations sont peu disponibles pour la longueur, elles ont un problème crucial avec l'argent et des difficultés de concentration. [...] J'ai donc pensé à proposer un temps de lecture attractif pour accrocher les lecteurs, pour une somme dérisoire. » Bigre, ce constat est inquiétant pour le lectorat et la jeune génération dont je fais partie (enfin j'imagine, car il doit y avoir encore plus jeune désormais !), mais il reflète parfaitement ce qui a déjà été aperçu chez de nombreux éditeurs, avec les collections à 2 €, 1,5€, "en attendant le bus" et autres bribes de livres qui me conviennent parfaitement finalement...
Mais ne retenons que le papier ivoire et le texte de Frances A. Yates.

L'Art de la mémoire

Il est temps de parler un peu plus du contenu. Puisqu'il s'agit d'une tentative d'autobiographie, il me paraît naturel de commencer avec une présentation de l'auteur. Frances Amelia Yates, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une historienne britannique qui a consacré ses recherches aux philosophies occultes et néoplatonicienne de la Renaissance et ses contributions majeures sur Giordano Bruno et l'art de la mémoire l'ont rendu célèbre. En France, c'est l'historien de l'art Daniel Arasse qui a traduit l'ouvrage The Art of Memory.

Au passage, l'art de la mémoire est à mon avis une des clés pour comprendre l'incipit de L'instinct d'Inez de Carlos Fuentes (billet à suivre le 1er mai).

Puisque j'aime les recoupements, j'en profite pour préciser que j'ai rencontré pour la première fois Giordano Bruno (littérairement parlant, il s'entend !) dans la pièce du dramaturge Bertolt Brecht La vie de Galilée écrite en 1938 (mais retravaillée jusqu'en 1955). Je pense qu'il n'y a aucun lien entre Brecht et Yates, car l'historienne explique comment elle en est venue à Bruno dans ses fragments autobiographiques.

J'avais adoré L'art de la mémoire, même si le sujet peu parfois sembler complexe ou ennuyeux - en réalité, il ne l'est pas et les applications de cette science sont innombrables... Je trouvais ici l'occasion d'en savoir.

La vie au début du XXème siècle


L'ironie veut que Frances Amelia Yates n'ait jamais réussi à écrire l'autobiographie qu'elle souhaitait écrire. Vers la fin de sa vie, elle a commencé à rassembler ses papiers, retourner sur les lieux de son enfance, rédiger quelques portions de son existence, son enfance, la raison d'être de ses ouvrages. Elle disparut avant d'avoir pu achever son ouvrage, et même pire, avant d'avoir eu le temps d'écrire les grandes lignes de sa vie.

La première partie de l'autobiographie se concentre sur les années entre sa naissance, 1899 et la fin de son adolescence vers 1916 (on peut aisément considérer qu'à cette époque les filles de 17 ans étaient déjà des femmes...). Son éducation atypique - elle n'allait pas systématiquement à l'école, c'est sa mère qui lui donnait des leçons - est peut-être à l'origine de son esprit particulièrement singulier. L'absence de parcours universitaire lui a souvent été reprochée, mais c'est certainement cette originalité qui lui a permis d'aborder ses recherches historiques avec un point de vue inédit.

La deuxième partie de l'autobiographie présente les premiers travaux de Frances A. Yates sur le théâtre français ou shakespearien ou sur John Florio. La troisième et dernière partie de l'ouvrage porte sur les travaux à l'Institut Warburg.

Bilan

J'ai aimé ce livre. Les deux dernières parties donnent un éclairage des travaux de Yates, car avec le recul, elle exprime clairement comment elle a envisagé ses recherches. Mais j'ai particulièrement apprécié la première partie sur la Grande-Bretagne du début du XXème siècle, sur les chantiers navals, sur la vie d'une famille bourgeoise à cette époque encore victorienne...
Par Julien
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Vendredi 13 mars 2009



Editeur : Tallandier

Publication : Avril 2006

Pages : 243


Un régal de cartes !

La géographie fait partie de mes lacunes, bien que j'ai toujours aimé cela. Je me rappelle avoir appris quelques capitales du monde, plus jeune, et jouer à les retrouver. Mais je suis incapable de situer correctement les pays dans le monde. Je connais très mal la géographie mondiale. Une lacune qu'il est possible de complet de deux manières possibles : des jeux géographiques en ligne, ou Le dessous des cartes de Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson et Frank Tétart.

L'ouvrage, au format allongé si particulier - et pas forcément évident à caser dans les petites bibliothèques - débute avec par cette superbe citation de Valéry : « Les évènements ne sont que l'écume des choses, ce qui m'intéresse, c'est la mer ».

L'architecture du livre est composée de deux grandes parties : la première partie, itinéraires géopolitiques, est constituée de cinq chapitres consacrés aux différentes zones géographiques, dans l'ordre, Europe, Amériques, Orient, Asie et Afrique (au passage soulignons encore une fois, l'absence de l'Océan, ce « continent invisible »...) ; la seconde partie, le monde qui vient, passe en revue thèmes et pays dont le devenir est étudié par les experts de la géopolitique (conflits, terrorisme, prolifération nucléaire, Colombie, Côte d'Ivoire, Afghanistan, le monde peut-il se nourrir le monde ?, santé inégale, barrages turcs, golfe de Guinée, passage Nord-Ouest, etc...).

Une série de petites cartes un peu flashy mais très explicites agrémentent les chapitres de l'ouvrage ; les textes sont clairs et concis ; les encarts explicatifs précisent soit l'histoire (l'histoire géographique souvent), soit les flux d'échanges (gaz, pétrole, routes commerciales, possibilités de déploiement militaire, etc...). Tout est très simplement expliqué, c'en est admirable.

Très franchement, si comme moi vous ne comprenez jamais rien à ce qui se passe dans le monde (la faute à des journaux télévisés ou radiophoniques de plus en plus obscures et avares en explications - à croire que les journalistes eux-mêmes ne décryptent plus rien mais se contentent de lire les dépêches qu'ils reçoivent), si vous êtes curieux de comprendre pourquoi l'Afghanistan est un enjeu, pourquoi il y a une guerre Tchétchénie, compléter votre vision de la Chine, situer les territoires de Palestine, les pays des Balkans, procurez-vous Le dessous des cartes et régalez-vous d'une lecture qui dévoilera de nouveaux horizons...
Par Julien
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Vendredi 27 février 2009
Svalbard Global Seed Vault, photo de Marie Tefre

Peut-être me croiserez-vous aujourd'hui au Salon de l'Agriculture...
Peut-être m'apercevrez-vous aujourd'hui à la recherche de Bruno Parmentier, l'auteur de Nourrir l'humanité...
L'auteur qui m'a contacté la semaine dernière.
Peut-être aurai-je le cran de l'aborder, si je le trouve...
Peut-être !

A l'occasion du Salon Internationale de l'Agriculture, je publie dans cet article, le complément d'information livré par Bruno Parmentier dans les commentaires de mon billet sur son ouvrage :

Réinventer l'agriculture, réhabiliter les agriculteurs

Par Bruno Parmentier, directeur de l’école supérieure d’agriculture d’Angers,

auteur du livre « Nourrir l’humanité » (éditions La Découverte)

 

Comme chaque année, le Salon de l’agriculture offre une occasion de fête, mais aussi de réfléchir à l’approvisionnement de nos assiettes : aura-t-on assez d’aliments, aura-t-on de bons aliments demain ? Pourtant cette année le cœur n'y est pas tant les esprits sont accaparés par les conséquences de la crise économique et financière.

Pourtant, osons cette analogie : la planète se fiche complètement de la crise financière, elle continue à se réchauffer et à épuiser ses ressources ; songeons par exemple qu’actuellement l’Argentine, l’Australie et la Chine connaissent simultanément une sécheresse « historique ». Le risque existe donc d’une nouvelle pénurie de céréales en 2009. Autre exemple, plus proche de nous : il va peut-être falloir inventer dans les Landes un avenir sans arbres, et donc sans industrie du bois.

A nous de savoir vers quoi nous souhaitons diriger nos efforts : réparer les erreurs du passé, ou affronter les grands défis de l’avenir, parmi lesquels celui, tout simple, de manger. « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien », cette parole, qui ne voulait plus rien dire pour nos enfants gavés de barres chocolatées, redevient d’actualité brûlante, mais on n’y arrivera pas sans efforts ! En effet, les émeutes de la faim, qui ont touché 36 pays en 2007/2008 ne sont probablement que le début d'une longue suite de pénuries alimentaires au XXIe siècle. Nous perdons la bataille de la faim, et tout laisse à penser que 2009 sera une année de grande honte pour l’humanité, celle où, pour la première fois on comptera plus d’un milliard d’affamés sur la planète ; ça n’était jamais arrivé.

Que faire, alors que 80 millions d’habitants nouveaux arrivent chaque année sur Terre (et 60 millions de voitures !) et que nous serons 9 milliards en 2050 ? Quelle planète construisons-nous ? Une planète à 2 ou 3 milliards d’affamés, qui ne connaitra pas la paix ?

Réinventer l’agriculture

Les rendements moyens des céréales n'augmentent plus sur la planète depuis une quinzaine d'années. Les « technologies intensives » sont à bout de souffle, car elles consomment énormément de ressources de la planète, toujours plus de terre, d'eau, d'énergie, de chimie et engendrent risques sanitaires et perte de biodiversité.

Certains espoirs peuvent raisonnablement être mis dans les découvertes à venir en matière génétique… mais ce sera probablement en dehors de l'Europe puisque celle-ci a choisi d'arrêter une bonne partie de ses recherches dans ces domaines.

Il est donc d'autant plus important, puisque le siècle de la chimie et du pétrole se termine, d'inventer celui de la biologie. Puisqu'on ne pourra plus autant « artificialiser » l'activité agricole, il faudrait la « renaturaliser ». Mieux connaître les ressources de la Mère Nature (les bactéries, les champignons, les insectes, et d'une manière générale les plantes et les animaux), pour les associer de la façon la plus efficace, dans chaque canton, chaque bassin versant. Par exemple remplacer la charrue par les vers de terre, ou produire directement l'essentiel des engrais sur les champs pendant l'hiver, ou encore associer dans un même champ différentes plantes qui n’utilisent pas les mêmes ressources au même moment et qui au contraire s’aident à pousser et se protègent les unes les autres.

Il s'agit d'une agriculture écologiquement intensive, fort différente à la fois de l'agriculture biologique (qui produit mieux mais en quantité moindre) et de l'agriculture industrialisée (qui produit beaucoup, mais moins « bien »). Le temps presse, il faudrait arrêter de refaire indéfiniment les procès des uns et des autres pour savoir qui avait raison (chacun avait une part de la vérité), et apprendre à travailler ensemble en conjuguant les savoir-faire de chacun. Il s'agit d'un énorme effort de recherche appliquée car l’enjeu est de taille : faire pousser sur moins de champs, avec moins d'eau et très peu d’intrants artificiels deux fois plus de végétaux utiles d'ici à 2050, de façon à pouvoir nourrir tout le monde et produire une partie de notre énergie sous forme de biocarburants.

Il faudrait également arrêter de gaspiller, à tous les niveaux, de la production (au moins 20 % des récoltes disparaissent là où on a faim) à la consommation (une quantité encore plus importante de nourriture est gâchée ou jetée dans nos sociétés d’abondance, ou sert à entretenir obésité et autres maladies dues à une nourriture trop riche).

Réhabiliter les agriculteurs

En 2007-2008, malgré le renchérissement du prix mondial des matières premières agricoles, on a mangé dans tous les pays qui avaient pris soin de soutenir leurs agricultures et donc leurs agriculteurs. Il n'y a pas 50 manières de le faire : il faudrait refermer les frontières, au moins un temps pour cette activité, de manière à protéger les agriculteurs à faible productivité de l'afflux de grandes quantités de surplus agricoles à bas prix issus des pays riches, qui les ruine et les oblige à quitter leurs terres pour rejoindre les bidonvilles de la planète. Généraliser le soutien à la modernisation de l'agriculture est donc indispensable pour garantir le niveau de vie minimum aux agriculteurs qui les dissuade d’émigrer, développer leur capacité d'investissement, de formation et d'organisation, et réguler des marchés devenus fous et, en la matière, meurtriers. En Europe, à l’heure où nous définissons la future Politique agricole commune, demandons-nous si dans un futur de plus en plus chahuté, nous voudrons encore… manger

Dépendre des autres pays pour se nourrir au XXIe siècle est un pari bien dangereux. Il est maintenant urgentissime de réhabiliter réellement l'agriculture vivrière, en particulier en Afrique. Sachant que la grande majorité des gens qui ont faim ne sont pas en ville mais bien les paysans isolés, il faudrait arrêter de clamer qu'il convient de « nourrir ceux qui ont faim », tout en les empêchant littéralement de se nourrir eux-mêmes. Si une certaine solidarité alimentaire autour de la Méditerranée sera probablement nécessaire, l'Afrique noire peut et donc doit se nourrir, personne ne le fera à sa place ; serons-nous assez sages pour comprendre qu'il en va de notre simple intérêt d'Européens et que ce n’est finalement pas si cher de les aider vraiment à le faire ? Nous ne pourrons pas vivre durablement en paix avec à notre porte des centaines de millions d'affamés et désespérés.


Par Julien
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Vendredi 20 février 2009


Editeur : Vuibert

Publication : Mars 2008 (3ème édition)

Pages : 707


Encore un ouvrage compliqué ?

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris de vouloir lire ce gros dictionnaire. Ce n'est pas vraiment de l'histoire, pas vraiment de la géographie. Pourtant, pour un esprit curieux, ce livre est un régal !

Construit en trois parties


La première partie de cet ouvrage détaille la chronologie territoriale de l'Europe, de 1789 à nos jours. En quelque 25 pages, Yves Tessier relate clairement les différentes étapes de la construction territoriale de l'Europe. Ce première partie est courte, mais largement suffisante pour la compréhension synthétique de la genèse des frontières des états européens.

La seconde partie de ce Dictionnaire de l'Europe,  constitue le corps de l'ouvrage : « Les États existants » sont décrits dans l'ordre alphabétique, avec une structure d'une clareté impressionnante :
- encart de présentation du pays de type géopolitique (nom de l'état, nom du président, nom de la capitale, type de représentation, division administrative, superficie, langue, religion, monnaie, etc...)
- un chapitrage en chiffres romains pour les grandes lignes de la construction territoriale du pays,
- des subdivisions en chiffres arabes pour les sous-parties,
- un texte paragraphé clair avec, en gras, les étapes importantes.

Cette partie constitue, j'imagine, une excellente base de travail pour les étudiants, et pour les curieux comme moi, une synthèse visuelle facilitant l'apprentissage et la compréhension des informations. Certains pays majeurs sont grandement détaillés, comme l'Allemagne (dont la construction est un véritable puzzle, assez passionnant d'ailleurs), la France, l'Italie (tout aussi passionnant), la Pologne (d'une grande complexité car au coeur de nombreux conflits depuis 1789) ou la Russie.

La troisième et dernière partie est certainement celle qui m'a le plus enchanté. « Les États disparus » sont décrits très brièvement (trop ?), mais la liste me paraît complète (je ne suis pas expert en la matière, mais à en voir le nombre, je me dis que cette liste est complète !). C'est un ensemble de curiosités particulièrement truculents : l'abbaye de femmes de Heggbach en Souabe, la principauté de Neuchâtel, la ville impériale de Francfort, la ville libre de Dantzig, la principauté Bénévent ou encore la république de Valais. Il y en a un grand nombre.

Les annexes ajoutent quelques histoires intéressantes : celle du Saint Empire, celles des Républiques Soeurs, celle des pays réservés de Napoléon Ier, celle de la Confédération du Rhin, etc... Elles présentent également les frontières naturelles, et les anecdotes en tout genre concernant encore et toujours la construction territoriale des Etats européens.

Le tout se termine avec un table des matières très claire, et une cinquantaine de pages de cartes en couleur.

Au final


Je sais que ce n'est pas un roman et qu'il est difficile de se dire, "tiens, je vais lire le dernier Yves Tissier", mais l'ouvrage ravira les amateurs d'Histoire, les férus de géographies, les néophytes de la construction européenne. Il devrait également enchanter ceux qui en savent plus long sur tous ces sujets.

Par Julien
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Dimanche 15 février 2009




Editeur : De Boeck

Publication : Mars 2008

Pages : beaucoup


Coups de coeur

En ce jour de Saint Valentin (c'est le jour où j'écris, pas le jour où je publie ; je sais que ce n'est pas malin...), je souhaiterai réparer deux oublis majeurs.

Premièrement, bon anniversaire Monsieur Darwin : vous êtes né un 12 février 1809, il y a deux cents ans désormais (et quelques jours, mais un faire part arrive toujours avec quelques jours de retard, ce sont les aléas de nos moyens de communication) et vous avez permis à l'humanité scientifique (cette entité existe-t-elle ?) de s'affranchir de la tutelle religieuse. Aujourd'hui encore votre combat contre les créationistes n'est pas vain et avec vos meilleurs alliés vous luttez encore et toujours contre l'obscurantisme de nos sociétés. Bien sûr, vous n'aviez pas raison sur toute la ligne et votre théorie de la sélection naturelle a été maints fois réutilisée lamentablement à des fins politiques. Mais pour tout ce que vous avez entrepris, je vous salue bien bas.

Deuxièment (ou secondement ?), je voulais particulièrement saluer l'auteur d'un article sur votre théorie, paru dans le livre Biologie du XXIème siècle, évolution des concepteurs fondateurs. En ce jour un peu spécial (nous sommes tous partagés entre l'aspect commercial de la journée, l'attrait du thème, le sentiment confus de la tradition), je voulais lui montrer mes sentiments. Je sais qu'elle ne lit pas ce blog bien qu'elle en connaisse l'existence, mais qu'importe. L'essentiel est qu'elle m'accompagne dans mon coeur jour après jour ;)

Quant au livre lui-même, entre philosophie et biologie, je vous l'avoue, je ne l'ai pas encore lu. J'ai assisté à la genèse d'un des articles, aux angoisses de la publication, à l'interrogation sur les droits d'auteur (il n'y en a pas, c'est beaucoup plus simple comme cela), aux premières dédicaces (ça se compte sur les doigts de la main de Mickey, comme j'ai pu le lire ailleurs !). Et le contenu a l'air particulièrement intéressant, j'en ferai un jour une véritable critique (lorsque je connaîtrais les bases de la biologie) !
Par Julien
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Dimanche 8 février 2009



Editeur : La Découverte

Publication : Janvier 2007

Pages : 274


Nourrir l'humanité

C’est pendant les terribles vacances de Noël que j’ai commencé la lecture de ce livre. C’était à la fois approprié, et à la fois culpabilisant de le lire à cette période.
Le sous-titre de l’ouvrage est explicite : « Les grands problèmes de l’agriculture mondiale au XXIème siècle. » Pas de tromperie sur la couverture cette fois-ci. Le contenu du livre reflète bien ce à quoi j’étais en droit de m’attendre à la vue de la couverture.

Bruno Parmentier nous explique tout d’abord pourquoi la France possède une des meilleures agricultures du monde : grâce aux nombreux progrès dans le domaine technique, en une cinquantaine d’année, non seulement la France ne connaît plus de famine, mais en plus, elle alimente une bonne partie de l’Europe désormais, comme le font l’Espagne ou les Pays-Bas. L’auteur s’étonne que nous ne nous étonnions pas que nos supermarchés soient remplis de nourriture et que nous ne manquions de rien. Il est en effet étonnant que tout soit disponible tout de suite. Il nous faut du lait, du beurre, du pain, des œufs, des madeleines, des cookies, des yaourts à la confiture, du chocolat… et hop, un petit tour au supermarché, et nous trouvons tout, en grande quantité, avec une grande variété de produits.

L'eau en priorité

Passé ce constat, Bruno Parmentier s’intéresse aux autres pays dans le monde, particulièrement ceux avec une démographie en explosion, ou au moins en croissance, mais dépourvu d’une agriculture digne de ce nom. Les pays développés ne pourront pas fournir de la nourriture pour tout le monde, et certains pays en voie de développement n’ont pas encore forcément le niveau d’agriculture suffisant pour subvenir aux besoins de sa propre population, aujourd’hui. Alors, avec l’augmentation de la population, sans une véritable révolution agricole, il y aura à nouveau des famines.

Voilà l’état des lieux. Cela veut dire qu’il faudra produire plus. Mais un paramètre déterminant est à prendre en compte : c’est la diminution des ressources pour mener à bien une agriculture de qualité. Il y aura moins de terres agricoles (une bonne partie est déjà épuisée ou le sera d’ici 2050), moins d’eau, moins d’énergie. Pourtant, il faudra produire trois fois plus. Une gageure.

L’auteur annonce donc « la fin de l’eau douce, pure abondante et bon marché » dans un petit chapitre très complet. L’eau sera à l’origine de nombreux conflits, et Bruno Parmentier responsabilise les agricultures sur la gestion de cette ressource stratégique (« les agriculteurs, consommateurs et responsables de l’eau »). Ce chapitre mériterait un plus grand développement, mais finalement, j’ai apprécié ce qu’en présente l’auteur car cela permet de se faire une première idée très précise. Je pense que le livre d’Erik Orsenna, L’avenir de l’eau, doit apporter un autre éclairage, dans son genre, sur cet aspect.

Ecosystèmes et énergies

Autre chapitre qui mériterait un livre à lui tout seul, c’est celui sur la diminution de la biodiversité. Après les principes généraux, Bruno Parmentier explique pourquoi la diminution du nombre d’espèces présente des risques majeurs, et comment « les agriculteurs deviennent dépendants d’une poignée de producteurs de semences », ce qui n’est jamais très bon... Ah, les monopoles !


Autre inquiétude : elle concerne les énergies. L’agriculture a besoin d’énergie. L’ère du pétrole arrive à son crépuscule. Les solutions ne manquent pas, du moins en théorie. En pratique, il faudra un investissement financier et humain considérables pour voir enfin des effets notables. L’auteur prétend que l’agriculture peut proposer des solutions, notamment avec les biocarburants. Même s’il émet de nombreuses réserves (disparition des jachères en Europe, mauvais rendement, nécessité d’arbitrage entre nourriture et énergie), l’auteur n’en défend pas moins les aspects écologiques et économiques des biocarburants : moins de gaz à effet de serre, et plus d’emploi.

Comme si cela ne suffisait pas, l’équation intègre également deux nouveaux paramètres, enfin, ils ne sont pas nouveaux, mais en première approximation, nous avions tendance à les négliger naguère, alors qu’ils sont désormais des paramètres à part entière pour la résolution de nos problèmes d’agriculture pour l’horizon 2050 : l’augmentation de la chaleur et des épidémies. C’est l’impact résultant des changements climatiques prévisibles.

Génétique ?

Nous comprenons alors avec Bruno Parmentier que le problème agricole ne pourra pas être résolu avec les « armes » dont nous disposons aujourd’hui. L’arsenal des techniques biologiques intervient à ce point de la réflexion, avec l’épineux sujet des OGM.

Les dernières considérations sont biologico-géo-politico-stratégico-agricoles et ne manquent pas d’intérêt.

Au final

En définitive, tous les grands thèmes côtoyant l’agriculture sont abordés sur le plan du devenir. Comment allons-nous gérer les prochaines famines et nous préparer à assurer un avenir encore possible à 10 milliards d’êtres humains sur une planète qui étouffe.
Dans les prochaines décennies, et cela se joue également en ce moment même, les différents choix politiques, en matière d’investissements, d’axes de recherche et de développement, et leurs applications seront d’ores et déjà décisifs pour l’avenir de l’humanité. Il est à prévoir des conflits, des famines, des épidémies (ce serait tragique si ce n’était pas déjà le lot de l’humanité depuis des siècles) : il risque d’y avoir toujours autant d’injustice et les inégalités vont s’accroître (confère la pensée de John Rawls) dans le domaine de la production agricole. Les « progrès » (on n’utilise plus tellement ce terme, d’ailleurs) de la civilisation seront éclipsés par tous les nouveaux problèmes que vont soulever la surpopulation et l’augmentation de la densité humaine (explosion démographique, alors que la surface habitable tend à diminuer…).

J’ajouterai que le livre est assez factuel et que les arguments sont avancés chiffres à l’appui, l’origine de ces chiffres étant parfois même commentés (chiffres gonflés de l’ONU ou sous-estimés dans d’autres cas).

Une lecture que je conseille à tous les curieux de notre avenir global.
Par Julien
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