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Fouiller

BD

Lundi 16 février 2009




Editeur : Futuropolis

Publication : Octobre 2006

Pages : 63


Une BD engagée

Sur les conseils de Keisha, j'ai lu cet album de Davodeau à la couleur rouge sang, vértiable hymne à l'engagement politique : cet album retrace en quelques planches, l'histoire de René Vautier, un cinéaste qui a réalisé un film engagé pour marquer la grève de 1950 pendant la reconstruction de Brest, grève durant laquelle la police a tiré dans la foule, tué un jeune manifestant et grièvement blessé plusieurs autres. Cet album est l'histoire de la genèse de ce film, mais aussi de sa destruction, car aucune copie n'ayant réalisé, il n'en restera plus rien au terme d'environ 150 projections d'images muettes montrant l'engagement de ces hommes, avec pour seul fond sonore, un poème d'Eluard, "Un homme est mort".

Comme à son habitude, Davodeau dessine des personnages réalistes, des situations réalistes, et cela renforce l'histoire, cette histoire - car l'ensemble est tiré de faits historiques, un dossier à la fin de la BD est là pour en attester, avec les photos du vrai René Vautier !

Cette fois-ci, Davodeau est aidé par Kris pour la reconstitution historique. L'ensemble est très intéressant, mais ne m'a pas tellement captivé. Je crois que le sujet ne m'a pas emballé, je ne suis pas forcément fan de l'engagement syndical (attention, je ne dis pas que c'est inutile, bien au contraire !), je n'ai pas vécu de grande grève, et toute l'histoire de cette création du film me paraît bien lointaine de mes préoccupations.

Toutefois, j'ai grandement apprécié le dossier en fin d'album, constitué d'un dossier de presse, d'interview, photos d'archives et de la genèse de l'album. Un bel album que je recommande, car je sais au fond que c'est une histoire qui ravira de nombreux lecteurs.
Par Julien
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Lundi 9 février 2009




Editeur : Casterman

Publication : Janvier 1990

Pages : 88


Les voiliers et l'amour

Il s'agit d'une sorte d'histoire d'amour à laquelle il est difficile de croire, une île perdue au milieu de l'océan où quelques habitués se rendent pour s'y retrouver seul ou y faire des rencontres. A la fois un voyage dans le temps autour d'un point fixe, et une errance sociale entre individus complètement perdus.

J'ai eu du mal à croire à la psychologie des personnages, les dialogues sont impossibles et l'ambiance est somme toute assez malsaine. Cela aurait pu être différent, peut être un peu plus poétique, mais les personnages ne sont pas bons.

J'ai également eu du mal avec le dessin et le coloriage un peu psychédélique. On s'y habitue, mais cela fait très fin des années 80 (c'est un peu le cas tout de même). C'est assez marrant de voir que même la BD n'échappe à la mode ambiante.

Dommage, il y avait certainement du bon là-dessous, mais c'est enfoui. A creuser donc :)
Par Julien
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Jeudi 5 février 2009



Editeur : Dargaud (Collection Long Courrier)

Publication : Mars 2007

Pages : 120


Les migrants

Si nous nous arrêtons à la couverture dont la couleur "vieille photo"évoque tout de suite les souvenirs, le passé, nous aurions pu croire aisément que l'histoire de cet album allait traiter justement de faits historiques. A l'accoutrement du héros, avec son borsalino et son épaisse valise à la main, nous nous retrouvions dans les années 1950, peut-être dans les années 1920. Mais un détail, un gros détail vient tout de suite stopper ces supputations. Il s'agit de la petite créature blanches, à quatre pattes et à longue queue, tout droit sortie d'un manga.
Un mélange des genres, donc, voilà ce à quoi il faut s'attendre.

Avant le début de l'histoire, nous avons le droit à un tableau de portraits, soixantes portraits exactement, de toutes ethnies, de tout âge et des deux sexes. Tous les regards scrutent le lecteur, avec un mélange d'accusation, d'inquiétude et d'interrogation. Dans quoi nous embarquons-nous ? Rien d'onirique, rien de fantastique dans cette galerie de portrait. Mais le dessin est extraordinairement beau : il s'agit en réalité d'une succession de photos d'identité, de veilles photos, sépia, noir et blanc, vieux jaune sale... Le talent est bien présent...

Chapitre I

Dès la première page, nous comprenons qu'il n'y aura aucun dialogue. Quoi de plus subtile, en effet, que de rendre à la bande dessinée son rôle originel de succession d'images. Il suffit de regarder les cases une à une pour comprendre le sujet de l'histoire. Cela commence avec un origami d'oiseau (un bel oiseau, de la taille d'une grive ou d'une petite mouette) ; une horloge avec des chiffres romains pour nous indiquer que cela se passe dans notre monde ; un chapeau de "papa" ; une marmitte de "maman" ; un dessin de l'enfant (tout ça est très vieille famille, donc cela ne se passe pas de nos jours, mais d'une époque passée) ; une théière fumante ; une tasse de thé avec un billet de voyage avec un paquebot à quatre cheminées ; une valise déjà rangée mais pas encore fermée ; la photo de famille.
En une page, l'histoire est lancée...

C'est cette photo de famille que le père va empaqueter méticuleusement avant de refermer sa valise. Un dessin sur une page complète présente la scène entière, en reprenant tous les éléments de la première page : la mère pose une main amoureuse sur celle du père qui vient de refermer l'épaisse valise. Tout est tragique. Ils n'ont pas le choix.
Toute la petite famille se rend à la gare. Sur la ville, des ronces ténébreuses telles des tentacules funestes s'étendent dans les rues de la ville. Malgré le train qui s'avance, le père prend le temps d'amuser sa fille avec un origami d'oiseau, embrasse tendrement sa femme, puis s'éloigne, laissant sa famille retourner dans leurs quartiers menacés.

Chapitre II

Le lecteur peut observer à travers le hublot de son paquebot (qui n'a que trois cheminées finalement), le père prendre son potage devant la photo de famille. Le temps s'écoule comme autant de nuages fluides dans le ciel.
Les hommes et les femmes sont entassés sur le pont. Ils découvrent une nuée d'étranges êtres volants (entre le lézard, le poisson et l'oiseau), signe que la terre n'est pas loin. Le spectacle de la destination est féérique : une cité gigantesque où buildings, statues en forme de pont forment un ensemble puissant. Le paysage grouille de nuées d'oiseaux et de navires de toutes tailles dans le port.
Nous croirions voir l'immigration vers New York au début du XXème siècle. Mais la langue est incompréhensible. Peut-être voyons-nous avec le regard d'un étranger, sans rien comprendre de tout ce qui est inscrit sur les panneaux, sur les drapeaux, sur les tickets.
Des médecins examinent le père puis on lui colle diverses étiquettes sur la veste de son costume. Le père montre à son interlocuteur (toujours sans dialogue) qu'il ne comprend rien, qu'il n'arrive pas à s'exprimer, qu'il est venu pour sa famille, puis il semble dépité de ne pas pouvoir dire ce qu'il veut.
Dans ce monde onirique, le père (apparemment déçu) obtient des papiers, mais il est muté (par une sorte de ballon-cabine) dans un quartier plus pauvre que les premiers quartiers dessinés, une sorte de brooklyn fantastique.
Le père est perdu, mais il est aidé par un étranger qui lui indique un hotel. La chambre est des plus étranges, et le père manipule maladroitement plusieurs appareils mécano-chimiques avant de voir une de ses étrangères créatures blanches surgir dans sa chambre.
En ouvrant sa valise, le père se remémore sa famille (l'image en question est très belle : la scène de la mère et de la fille, à table, est matérialisée dans la valise du père). Le père est songeur. La cité immense. Il doit nécessairement y avoir d'autres pères comme lui dans ces immeubles gigantesques.

Chapitre III

Pour sa première journée dans ce pays magique, le père est réveillé par la créature blanche qui va l'accompagner. Il peine à prendre les transports en commun (des vaisseaux futuristes tels des navires volants à quelques encablures du sol), mais une dame l'aide à comprendre les subtilités de l'achat d'un ticket (héhé, nous avons tous connu ça un jour !).
Le père s'assoit à côté d'une dame qui lui raconte sa vie : elle voulait lire, mais on la forçait à travailler dans une usine de traite des enfants, et mettre du charbon dans un machine à vapeur, elle n'en pouvait plus. Un soir, elle vola le livre interdit, et s'enfuit à bord d'un train. Les destins de ces gens sont tous tragiques.
Le père quitte sa compagne de voyage et découvre un nouveau quartier. Il cherche du pain, mais tombe sur une boutique qui propose tout (et tout est bizarre bien sûr) sauf ce dont le héros a l'habitude ; le tenancier, un homme à lunettes à l'allure souriante et sympathique, est aidé par son fils. Le fils montre au héros un animal dont la queue évoque les ténébreux tentacules de son propre monde. Mais il s'agit d'une sorte de chat-belette aux grands yeux d'amandes "nutella". Le héros indique au tenancier ses craintes quand aux ronces tentacules et son interlocuteur se remémore des temps sombres où des géants en combinaison aspiraient les gens dans les rues.
Il raconte ainsi son histoire, sa fuite avec sa femme, à éviter les bottes des géants, aidés par une sorte de résistant (en contrepartie d'un pendentif précieux tout de même), à bord d'une simple barque. Aujourd'hui, cette famille vit dans un bonheur éloquent... Le père passe une soirée magique chez ses hôtes.

Chapitre IV

Le père parcourt la ville à la recherche d'un travail. Il s'essuie un grand nombre de refus, avant de trouver des petits boulots. Mais ne sachant pas lire cette langue confuse, il ne parvient pas à être conservé par ses employeurs. Il se retrouve dans une usine géante à faire du travail à la chaîne. Là, il rencontre un vieil homme qui lui raconte son histoire : parti à la guerre la fleur au fusil, littéralement, l'homme s'est confronté à une morbide réalité. Les deux planches où l'auteur dessinent les pieds du soldat sont particulièrement réussies.
Le héros partagent quelques instants avec le vieil et ses amis après le travail. Ils jouent à un étrange jeu de boules.

Chapitre V

Le père écrit à sa famille.
Les saisons passent (encore deux planches particulièrement belles avec des plantes et fleurs d'une grande originalité, ce qui n'est pas évident quand on connaît la grande complexité de la nature !).
Le temps passe et finalement le père reçoit une réponse. Il a demandé à sa famille de le rejoindre.
Les voilà qui arrivent, dans un de ces ballons-cabines. Ce sont les retrouvailles.

Chapitre VI

Une copie de la planche initiale débute le dernier chapitre. L'origami représente un animal étrange ; l'horloge ne ressemble plus à rien ; le chapeau est toujours là ; un bol de tubercules ; les dessins des navires volants ; une théière futuriste ! ; la tasse de thé posée sur un journal (on ne part plus, on s'intéresse à la vie locale) ; la photo de famille - la fille a grandi ; et le père qui donne un pièce à sa fille ; non trois pièces. Le bonheur est présent dans toute la pièce. La petite fille sort, s'amuse puis aide une nouvelle migrante perdue. La boucle est bouclée...

Verdict

Fabuleux. Beaucoup de talent dans le dessin, c'est indéniable. Une grande recherche pour chaque scène, pour chaque détail de l'histoire. On comprend finalement à l'aide de la note finale de l'auteur que ce pays, c'est l'Australie. Bien sûr, l'auteur a voulu rendre son histoire universelle et c'est réussi. Mais on comprend la présence des personnages, chinois, malaysien, européen, indien. L'Australie rassemble de nombreux migrants de tout bord.
Mais l'universalité de l'album, son absence de dialogue, de repère temporel évident, de repère géographique évident, le rend accessible à tous et chacun y trouvera un peu de sa propre histoire.
Absolument somptueux...

Sur les blogs :
- C'est Joëlle qui m'a donné envie de lire cet album.
- Les avis de : Sylvie, Chiffonnette, Jean-François, InColdBlog, Laure, Laurent, Enna, Estelle C, Keisha et probablement bien d'autres...
(Indiquez-moi votre critique et je vous ajouterai à cette liste.)
Par Julien
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Lundi 2 février 2009




Editeur : Delcourt

Publication : Janvier 2004

Pages : 48



Ceux qui t'aiment constitue le troisième et dernier tome de la série Un monde si tranquille.

Du football !

L'histoire commence avec le gardien de but, Renaud, qui lors d'une finale ultra importante pour la vie de tout le pays, marque un facile but contre son camp, but volontaire, sans aucun doute. C'est l'incompréhension totale. Comment peut-on en arriver là ? C'est ce qu'Etienne Davodeau va expliquer en narrant l'histoire d'une superstar, une sorte de Zinédine Zidane, qui a tout gagné et qui a perdu l'envie d'aller plus loin. Lorsqu'un être possède déjà tout, argent / amour / carrière / jeunesse, il n'a peut être plus suffisamment d'objectif concret pour continuer à avancer avec la même envie qu'auparavant. C'est ce qui arrive à Toumermeulen, alias Titou, le champion de l'équipe, qui accepte un dîner chez une vieille dame dont le mari est mourant. Alors que Titou avait accepter l'invitation à la seule condition que personne d'autre ne soit au courant, la vieille dame a trahi sa parole en prévenant un ami de la famille, ivre, qui enlève le footballeur dans le but de demander une rançon. Mais la demande de rançon tourne mal, l'ivrogne blesse gravement Titou. Titou, lui, se rend compte qu'il n'est qu'un objet dont la valeur financière est dictée par sa popularité, qu'il est l'objet de convoitises absurdes. Il veut tout arrêter.

Comme à son habitude, Davodeau ne s'arrête pas seulement à ce récit : il décrit autour une sorte de misère, à la fois financière et intellectuelle, qui touche la France d'en bas. Enfin, pas si bas. La France moyenne vaudrait-il mieux dire, vous et moi, finalement. L'humanité des personnages est très touchante, une nouvelle fois, mais cette fois-ci, j'ai du mal à croire en cette histoire de footballeurs qui prennent conscience qu'ils ne sont que des objets. Je n'arrive pas à comprendre comment cette histoire serait possible. Peut-être parce que dans un sport collectif, l'équipe supporte les individualités et que les individualités agissent dans la discrétion. Pourtant, n'a-t-on pas un exemple flagrant de championne française de natation qui a tout gagné trop rapidement et qui n'a plus l'envie ? C'est très compréhensible, et probablement une belle marque d'intelligence. Malheureusement, comme chacun le sait, l'intelligence apporte un lot d'inconsolables déceptions et d'innombrables désillusions sur notre propre condition de roseau pensant.

Davodeau signe néanmoins encore une bande dessinée très agréable à lire.
Par Julien
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Dimanche 1 février 2009




Editeur : Delcourt

Publication : Janvier 2004

Pages : 55


Anticyclone constitue le deuxième tome de la série Un monde si tranquille.

La météo humaine

Le travail est au centre des débats. Dans ce tome, les protagonistes, un homme et une femme, se battent (littéralement) pour garder leur poste dans une société de transport minée par des envies de grèves. La femme trompe sa famille en prétendant travailler dans l'export alors qu'elle est employée au ménage. L'homme, Castor, ancien SDF, n'avait qu'un CDD et est prêt à tout (je dis bien à tout : délation, séquestration, meurtre) pour obtenir le sésame de notre existence : un CDI.


C'est assez caricatural, mais encore une fois, je me suis agréablement laissé porté par cette réflexion sur les conditions de travail dans notre société. Davodeau soulève une nouvelle fois un grand nombre de questions dont la plus inquiétante est : sommes-nous prêts à tout pour travailler ?

A l'heure où le nouveau credo de la politique est de nous faire croire que lorsqu'on veut, on peut, cette bande dessinée vient nous rappeler qu'il ne suffit pas de vouloir quelque chose pour l'obtenir, et que, si pour certains la fin justifie les moyens, le contexte global est largement aussi important dans l'achèvement de ses désirs que l'entrain implacable à mettre en oeuvre pour parvenir à sa fin. Vouloir ardemment de l'eau au milieu d'un désert n'a jamais fait jaillir d'oasis de ci, de là.

Le travail est certainement le moyen de socialisation par excellence, mais il ne peut pas constituer à lui tout seul la quête du bonheur.
Par Julien
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Mercredi 28 janvier 2009




Editeur : Delcourt

Publication : Janvier 2004

Pages : 45


La gloire d'Albert est le premier tome de la série Un monde si tranquille.

Albert Ier de la série.

Albert est un père de famille tranquille. Le genre de père de famille qui regarde le journal de 13h, qui vit à la campagne mais qui s'inquiète de la présence de tous ces dealers partout autour. Bordé entre paranoïa et ennui dans sa morne existence, il décide de s'enrôler dans les milices de Monsieur Delorme, chargées d'aller là où la police ne va pas. Mais les miliciens sont également des acteurs dans de grandes représentations théâtrales à la gloire du monde rural, sorte de propagande russe stalinienne transférée dans les contrées reculées de la Corrèze. En sortant de l'une de ces représentations, Albert assiste à l'accident du numéro 2 du parti, Monsieur Philippot. Albert n'assiste pas vraiment à l'accident, mais il est le premier sur les lieux. Et là, il comprend que ce n'est pas un accident mais un assassinat. En fait, il ne comprend pas, il n'en sait rien, mais son intuition est juste. Il trouve les meurtriers, les suit, les interroge, les séquestre avant que ces-derniers ne parviennent à s'évader...


Bien que blessé, quasiment mortellement, par balle lors de cette évasion, Albert se rend dans le bureau somptueux du chef du parti, et rédige les mémoires de ces quelques dernières heures sans sommeil, ces heures décisives où il a été témoin de ce meurtre commandité.

Davodeau a réussi une composition magistrale de fascisme rural, avec un personnage d'une humanité touchante. Les personnages de cette histoire sont une nouvelle fois terriblement réaliste : l'un des meurtriers est hésitant, presque faible avant de passer à l'acte ; les politiques sont tantôt puant et victime, tantôt souffrant et coupable ; Albert semble perdu dans son existence tranquille, mais se trouve un but pour pimenter le tout, un but qui n'est finalement pas le bon (pourquoi n'a-t-il pas continué la construction des nichoirs pour les oiseaux, voilà ce qu'on se demande !).
Par Julien
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Lundi 12 janvier 2009




Editeur : Dargaud (Collection Long Courrier)

Publication : Juin 1996

Pages : 100


Un scénario bien construit

Cet album d'Etienne Davodeau publié en 1996 met en scène trois personnages en quête de leur identité. Abel, retraité qui n'a plus aucun but dans sa vie désire rejoindre, par tous les moyens possibles, la tombe de sa femme dans le sud de la France. Une grève l'empêchant de prendre le train, il dépanne financièrement un jeune ingénieur en fuite, Vincent, qui a mis au point un plan bancal pour vendre du plutonium et fuir la pays avec son amoureuse toute fraîche, Anne. Vincent et Abel prennent une auto-stoppeuse en cours de chemin, Rose, qui sera en quelque sorte le liant entre les personnages.

L'histoire met en scène les trois personnages, aux prises avec une bande de malfaiteurs désireux de récupérer leur bien. Du suspens donc, quelques rebondissements, pour se diriger vers un final à la fois tragique et lumineux, où le héros Vincent comprend qu'il peut "être", sans "avoir". Un des thèmes en filigrane de cette BD.

Le style Davodeau

Le personnage d'Abel est très sympathique, même si son histoire politique est un véritable désastre au point de vue "humain". Le personnage de Vincent est caractéristique de ces héros bornés et naïfs, sûrs d'eux mais tellement impuissants, et qui se découvrent dans le désespoir et l'échec de leurs entreprises. Enfin, le personnage de Rose apporte à la fois de la fraîcheur, mais également un élan nécessaire pour entraîner les deux autres vers leurs destins.

Les différentes situations sont bien amenées et Davodeau décrit une nouvelle fois parfaitement les campagnes de la France, avec une pointe de nostalgie, et une touche de "voyez comment c'était et comment c'est devenu...". Probablement une marque de fabrique. Ajoutons la présence d'un grand réalisme des différentes scènes.

Enfin, le dessin n'est pas parfait (comme cette réalité que le dessinateur décrit), mais Davodeau s'est amusé avec les couleurs (je n'aime pas trop le style un peu vieillot de cette BD) et avec les nombreux jeux de lumière qui émaillent les cases.
Par Julien
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Lundi 5 janvier 2009




Editeur : Dupuis (Collection Aire Libre)

Publication : Avril 2004

Pages : 80


Nouveauté du site : les bandes dessinées

2009 vient avec son lot de nouveautés sur ce blog : j'inaugure donc la catégorie BD avec quelques ouvrages que j'emprunte à la médiathèque du coin. Pourquoi cette nouveauté ? Essentiellement parce que depuis qu'un de mes amis s'est lancé dans le projet de réaliser une bande dessinée, je commence à comprendre certaines subtilités du genre et d'entrevoir le côté littéraire de cet art. Je dois reconnaître que je suis assez novice, mais écrire ce genre de billet m'aidera certainement à mieux en comprendre les rouages, et ainsi à mieux les apprécier.

Je commence donc par cet album d'Etienne Davodeau, publié en 2004, et qui relate assez sobrement une réunion de famille comme nous aurions pu en voir dans un film de Cédric Klapisch, deux frères et un soeur dont le seul héritage est cette vieille maison dont ils vont se débarrasser à la mort de la mère, atteinte d'une sorte de maladie d'Alzheimer dans la première partie de l'album.

L'ami gentil

L'élément central de cette histoire est l'ami de la famille, Toussaint, une sorte de Jean-Pierre Darroussin, dont le secret est finalement le liant ultime qui permettra à ces frères et soeur de se retrouver une bonne fois pour toutes.  Davodeau décrit une vie simple et réaliste, sans fard, sans grandiloquence, mais la vie que chaque famille peut connaître. Les personnages sonnent justes et c'est un délice de suivre ces vacances un peu particulières, ces vacances qu'on n'oublie pas...

Le thème du vélo, et de la chute de vélo, est également le leitmotiv de l'album.

En revanche, ce n'est pas vraiment le style de dessin que j'aime particulièrement, mais les traits sont simples, les cases ne sont pas surchargées et le tout est parfaitement coloré. Un dessinateur que je découvre et dont j'aurai prochainement l'occasion de découvrir d'autres oeuvres.

Sur les blogs :
- Analyse de la couverture de cet album sur le blog Couverture de BD,
- L'avis enthousiaste de Kathel.
Par Julien
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