Vendredi 11 septembre 2009
Editeur : Actes Sud
Publication : Juin 2006
Pages : 574
Le polar suédois
La série "évènement" de ces derniers mois est passée par ma bibliothèque ! Les éloges que j'ai pu lire sur tous
les blogs de lecture ont effectivement attisé ma curiosité vis-à-vis de ce polar, et cela, d'autant plus que j'ai toujours eu une certaine passion pour la Suède. Allez savoir pourquoi, je suis
tombé amoureux de ce pays pendant mon adolescence et il n'y a pas moyen de me raisonner. J'y suis allé pour mes vingts ans - c'était une sorte de voyage initiatique raté, mais bon... - et j'y
suis retourné l'an dernier pour faire un périple de trois semaines absolument fabuleuses. Tout cela ne nous en dit pas long sur le livre, mais cela précise certainement le contexte de
lecture.
Je ne suis pas habitué à lire des polars, mais il m'a tout de suite semblé que ce livre n'était pas le genre de
livre qui me donne envie de connaître la fin et qui m'empêche de dormir. J'ai lu Les hommes qui n'aimaient pas les femmes comme un suédois le ferait, avec une certaine retenue, une sorte
de flegme à l'anglo-saxone, une espèce de recul sur l'histoire. Pour le coup, je n'ai pas été happé par le récit, mais en suis resté un élément externe, un simple lecteur - je n'ai pas vibré et
c'est ce qui compte pour ce type de lecture.
Pourquoi n'ai-je pas vibré ?
L'intrigue est assez bien goupillée. Un journaliste économiste qui traque les grands patrons mais qui sort d'un
échec cuisant dans un procès (on sent bien qu'il a perdu la bataille mais pas la guerre...), un industriel obsédé par la mort de sa nièce qui profite de l'occasion pour relancer son enquête, une
geek à la fois détraquée mentale et surdouée qui stigmatise l'objet essentiel de l'auteur - la violence, physique ou non, sur les femmes - et l'ensemble correctement écrit et
décrit.
Je dis "correctement" car je trouve la traduction assez mauvaise. Je ne peux pas dire si l'original en suédois est
meilleur - je ne comprends pas grand chose à la langue de Selma Lagerlof ! - mais le résultat français laisse à désirer. J'ai repéré deux ou trois tournures de phrases qui auraient fait bondir
les académiciens, et au-delà de ces détails que je n'ai malheureusement pas notés - car je n'ai pas l'habitude de relever les défauts des livres, mais peut-être devrais-je le faire... - le style
est généralement assez pauvre. Cela doit probablement également s'en ressentir au niveau de l'original....
Car je ne lis pas seulement pour découvrir une histoire extraordinaire - celle-ci ne l'est pas et je suis assez
facilement blazé par les retournements de situation, souvent prévisibles ou sans saveur. Le support artistique compte autant que le contenu : les deux doivent être de qualité pour que j'apprécie
pleinement ma lecture. Idem lorsque je contemple une oeuvre graphique (peinture, photographie, sculpture ou autres), que j'écoute une musique, que je regarde un film. Bien souvent d'ailleurs, je
regarde volontiers un film dont j'ai déjà lu le livre (plutôt dans ce sens là, en réalité), car le traitement de l'intrigue m'intéresse bien d'avantage au dénouement de l'histoire.
Mais ne nous égarons pas ! Pourquoi n'ai-je pas vibré ? Car le style n'était pas au rendez-vous et parce que
l'histoire m'a paru terne. Je n'ai pas cru un seul instant au personnage de Lisbeth, a contrario du personnage de Mikael qui m'a paru crédible. Pourtant l'intrigue était relativement
bien construite, ce qui en fait une lecture agréable pour l'été.
Au souvenir de la Suède...
J'ai tout de même apprécié de me replonger dans une atmosphère nordique, de retrouver quelques lieux déjà
rencontrés naguère, les quartiers de Stockholm, et de me laisser porter par ce gentil récit.
A partir de la moitié du premier volume, l'intrigue tient en haleine - à mesure que l'enquête sur les "numéros de téléphone" de la petite Harriet Vanger se dénoue. A ce sujet, il n'y avait pas vraiment de surprise quant à la relation biblique. Ce qui était un peu mieux mené par l'auteur, c'est le rapport avec un tueur en série sadique. En lisant le livre, et devant la piètre qualité littéraire de l'ouvrage, j'ai tout de suite émis l'hypothèse que le livre n'était qu'un scénario élaboré pour un film. L'ensemble doit bien rendre en film (il y en a eu un d'ailleurs, mais je ne l'ai pas vu), peut-être même mieux qu'en livre !
A partir de la moitié du premier volume, l'intrigue tient en haleine - à mesure que l'enquête sur les "numéros de téléphone" de la petite Harriet Vanger se dénoue. A ce sujet, il n'y avait pas vraiment de surprise quant à la relation biblique. Ce qui était un peu mieux mené par l'auteur, c'est le rapport avec un tueur en série sadique. En lisant le livre, et devant la piètre qualité littéraire de l'ouvrage, j'ai tout de suite émis l'hypothèse que le livre n'était qu'un scénario élaboré pour un film. L'ensemble doit bien rendre en film (il y en a eu un d'ailleurs, mais je ne l'ai pas vu), peut-être même mieux qu'en livre !