Editeur : Belfond
Publication : Février 2008
Pages : 183
Un livre dédicacé
Inconscient le titre a dû me plaire. Les constellations du hasard. C'est un très beau titre. Cela ne veut rien dire, mais c'est beau. Cela pourrait sortir tout droit d'un poème. Mais franchement, une constellation, je vois ce que c'est : un regroupement d'étoiles. Plusieurs constellations, cela peut faire une voûte céleste. On pourrait dire les constellations du ciel, mais sans préciser, cela veut dire la même chose. Ca sent le pléonasme. En revanche, une constellation de fleurs, cela peut faire un bouquet. Sauf qu'on imagine bien que la constellation, ce n'est pas un amas globulaire, mais plutôt une association géométrique d'objets distants dans l'espace mais dont la projection sur une partie plane ou sphérique (mais en deux dimensions, une projection donc) propose des possibilités géométriques de pouvoir relier certains objets entre eux.
Je suppose donc que le terme constellation veut dire ici qu'on réalise un regroupement selon un critère erroné, mais avec des allures de trompe-l'oeil, d'objets qui n'ont aucun rapport entre eux. Et comme il y a plusieurs constellations, il y a plusieurs regroupements d'objets qui n'ont rien à voir entre eux. Kervalec, Asturias, Auster : trois destins qui n'ont rien à voir, si ce n'est celui d'être projetés dans le plan d'un même roman ??
Et quand on rajoute la dernière touche à ce titre, le hasard, on comprend que c'est carrément une théorie du chaos qui se profile derrière cette littérature ! Les constellations du hasard, cela ressemble à un attracteur étrange ;)
Là où je n'ai pas aimé le style
Je suis un grand râleur, je le sais, mais je suis également ici pour dire ce que j'ai pensé d'un livre. Et là, si le style n'est pas mauvais, il ne m'a guère emballé. Je n'ai pas retrouvé l'intensité que Paul Auster instille dans ses romans - c'était pourtant une belle occasion pour l'auteur français d'imiter son collègue américain ou du moins son traducteur chez Actes Sud. Occasion manquée.
Le personnage de Kervalec est sans grande consistance. Il parle à un chien comme si c'était sa future femme, il marmonne comme un gamin à qui on aurait planqué le pot de Nutella, il chouine comme un furet en laisse. Les personnage secondaires sont un peu stéréotypés. Les descriptions sont sans talent. Seule l'intrigue semble pouvoir prendre un détour agréable au moment où l'histoire d'Alejandro Asturias démarre. On sent bien que l'auteur n'est pas à son aise avec le roman, mais qu'elle aime le théâtre. Il faudrait détailler cela, mais cela n'en vaut pas vraiment la peine.
L'histoire, en quelques lignes
Kervalec, un breton plein d'espoir, rêve de rencontrer Paul Auster pour que ce dernier le prenne sous son aile et le propulse au rang de grand écrivain de ce bas monde. Le jeune français un peu fou-fou perd ses illusions en se faisant rapidement dépouiller dans les rues amicales de New York, de son argent, de son billet retour, de son manuscrit. Quel dommage ! Il est de ce fait "obliger" de satisfaire les désirs de son logeur, afin de pouvoir lui régler son loyer. Heureusement, ces désirs ne consistent qu'en la rédaction de l'histoire d'Alejandro Asturias.




