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Editeur : Gallimard (Collection Poésie)

Publication : Mars 1999

Pages : 130


Difficile à absorber

Je n'ai jamais lu de livre de Jean Genet et il faudrait très certainement que je lave cet affront avant qu'il ne me reste à l'esprit que ce poème difficile à absorber. Absorber, je crois que c'est bien le mot, car le contexte qui entoure la création du poème met à mal bien des paradigmes sociaux avec lesquels mon caractère est forgé.

Et pour apprécier la poésie, il faut que les mots sonnent en moi, qu'un écho mélodieux répondent au tréfond de mon âme, et exulte en mon coeur (l'endroit est sans aucun doute le même d'ailleurs). Que mes neurones s'agitent et, intuitivement, résonnent à la bonne fréquence, une harmonique, c'est cela que j'attends d'un poème !

Ici, le poème de Jean Genet est dédié à son co-détenu de bagne, ami et amant Maurice Pilorge, condamné à mort et exécuté le 17 mars 1939. Jean Genet y met tout son savoir-faire de poète classique sombre, entre les « épines du rosier », ou l'« ange qui sanglote accroché dans un arbre », puis soudain, nous gratifie de quelques strophes pernicieuses pour le poème lui-même, dont voici la première néfase occurrence :

« Et c'est pour t'emmancher, beau mousse d'aventure,
Qu'ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m'ouvriront le ciel où tremble la mâture

D'oû tu sèmes, royal, les blancs enchantements,
Qui neigent sur ma page, en ma prison muette :
L'épouvante, les morts dans les fleurs de violette,
La mort avec ses coqs ! Ses fantômes d'amants ! »



Puis le paroxysme :

« Tristesse dans ma bouche ! Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre coeur ! Mes amours parfumées
Adieu vont s'en aller ! Adieu couilles aimés !
Ô sur ma voix coupée adieu chibre insolent ! »

Alors, ce n'est pas tant que je n'ai pas aimé le style de Jean Genet, mais il faut avouer que cet auteur n'a rien d'un poète, pour moi. Peut-être, pour le moins, son style est-il poétique.

En définitive, je n'ai pas aimé. Les mots crus me dérangent sans aucun doute, je préfère de loin quelque chose de plus subtile. Jean Genet poète, ce n'est pas pour moi. En revanche, je préfèrerai certainement ses romans et ses pièces de théâtre.
Tag(s) : #Poésie

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